Lundi 30 juillet 2007
Trois mois après le debut de leur voyage en amoureux, un peu de nouveauté s imposait. Je (Vincent) rejoins  ainsi Emmanuel et Martin a La Paz.

Alors que mes ongles et mes levres sont déjà cyanosés a cause des 4100 m d' altitude d' El Alto, je me fais presque agresser par une trentaine de chauffeurs de taxis. Je leur demande où je peux trouver "a commuting shuttle between La Paz International Airport (LPIA) and La Paz down town", personne ne me comprend...il faut que j'oublie mes réflexes d'occidental....bienvenido en el Tercer Mundo!!!. Mon rendez vous est à La plaza San Francisco, à la fois un immense marche à ciel ouvert, un chantier sans fin desordonné et une décharge ou se côtoient marchands, mendiants, cireurs de chaussures, passants, enfants et chiens errants le tout dans une drôle d'odeur ...notre hotel El Solario est à coté.

LP.jpgLa jungle urbaine a La Paz


Nous n'avons pas vraiment le temps de découvrir les charmes de la Paz que nous nous retrouvons déjà dans la pampa, jungle du Nord de la Bolivie, pour 3 jours et 2 nuits. Après 13 h d'attente dans le LPIA, 45 minutes de vol, 4 h de jeep sur une piste de terre et de cailloux et enfin 2 h 30 de pirogue à moteur, nous arrivons au camp Anaconda Tour. Pendant 3 jours nous découvrons émerveillés alligators, dauphins roses d' eau douce, piranhas, chuchillos (petits singes jaunes nourris pas les touristes), tortues, oiseaux, capybaras (cochons sauvages pesant jusqu'a 60 kilos). Nous passerons 5 longues heures à chercher l'anaconda dans les herbes hautes et humides de la pampa en compagnie de notre guide, mais cette recherche éprouvante fut vaine...le guide nous avait prévenu la veille des caprices de la nature. Nous sommes évidemment bien déçus. En guise de consolation, nous pêchons le piranha, observons l'alligator à la tombee de la nuit et nageons près de dauphins juste à côté d alligators prenant le soleil sur les berges du fleuve. Ce n est que lors du voyage retour en pirogue que nous apercevons un anaconda de 2 m, nous nous l'approprions le temps de quelques photos, véritable éternité pour nous...le séjour dans la jungle est une réussite, notre agence anaconda tour mérite bien son nom.


jungle1.jpgLe dresseur d'anacondas!


jungle2.jpgCoucher de soleil sur la pampa


Non, il ne l'a pas etrangle!


jungle4.jpgIdem....


Un capybara faisant le beau


A peine remis de notre rencontre avec l'anaconda, nous sommes déjà dans l'avion vers le LPIA, que nous commencons a connaitre. A notre arrivée, nous prenons le temps de visiter la Paz, la vue est superbe depuis l'observatoire qui domine la ville. Notre tour s'achève a la valle de la luna (encore, la 4eme du nom)

lapaz1.jpgLa Paz Down Town


Puis, nous quittons une nouvelle fois la capitale pour decouvrir en VTT la "route la plus dangereuse du monde" (1 mort par semaine jusqu'à ce que le gouvernement finisse par réaliser que la construction d'une route plus sûre, de plus de 5m de large en bordure de ces ravins sans fonds, ne soit preferable) une magnifique descente en velo de 60 km, 2500 m de dénivelé...nous entr'apercevons les paysages magnifiques alors que nous sommes concentrés a ne pas tomber dans le ravin juste à côté de nous. Le guide nous montre d'ailleurs un endroit où un touriste est mort il y a six mois. Dans le minibus qui nous emmène au sommet, tout en écoutant de la techno trans, nous avons signé un contrat; l' organisateur ne sera responsable de rien : de la simple blessure à notre mort, en passant par l'intoxication alimentaire et (le contrat le precisant litteralement) jusqu'aux actes de Dieu et des forces de la Nature. Nous sommes sereins lorsque nous enfourchons nos VTT...

death-road.jpgLa route de la mort


Après ce debut de vacances sportives, nous nous dirigeons vers le berceau de la civilisation Inca sur les bords du lac TIticaca. Le Soleil y naquit selon les Incas. Depuis le piton rocheux de Copacabana, nous embrassons, après une dure montée, une grande partie du lac navigable le plus haut du monde. Nous visitons Copacabana (qui signifie en quechua vue sur le lac) qui nous sert de point de départ pour visiter l'ile sacrée du soleil = Isla del Sol. Un monde a part où le temps semble s' être arreté alors que les enfants de l'ile mendient  et nous demandent des caramelos.  Nous n'oublions pas de goûter a la spécialité locale = la trucha del lago, la truite la plus grosse du monde. Le gérant de notre hotel  nous parle de sa culture, de son île (un lugar muy tranquilo y muy sagrado), de ses traditions, on sent vraiment qu' il en est très fier.


copacabana.jpgManu a Copacabana


isla-del-sol.jpgIsla del Sol

Une fois la frontiere péruvienne passée, une nouvelle île nous attend...plusieurs même, puisque à Puno, capitale folklorique du Pérou avec ses 300 danses traditionnelles, nous découvrons les Islas flottantes des Uros, véritables petites villes flottantes sur le lac faites de roseaux "totora", qui poussent en abondance sur les bords du lac. Ce roseau est utilisé par ce peuple pour tout, la nourriture, la fabrication d'objets, des iles et des maisons. Malgré leur commercialisation effrenée, ces iles n'en restent pas moins uniques au monde.  Avant de rejoindre le nombril du monde, Cusco, nous visitons l' Isla Taquile, à 3 h en bateau de Puno, pour assister au festival de la fête des moissons. Sur cette île a part, nous découvrons les plus beaux draps et bonnets tissés d'Amerique du Sud, mais nous aurions aimé passer plus de temps là-bas, c'est sûr.

isla-de-taquile.jpgIsla Taquile


uros.jpgBarque en totora des islas flottantes


uros2.jpgIslas flottantes tout en totora


Nous voilà a Cusco, la capitale de l'empire Inca. L'effervescence de La Paz et les voyages pénibles en minibus en Bolivie nous semblent bien loin tant Cusco est une charmante ville aux petites rues en pierre et aux petites maisons coloniales. La cathédrale domine une place pavée, qui a pour nom Plaza de Armas comme toutes les villes en Amerique du Sud,  ensoleillee et où il fait tellement bon se reposer et siroter un Inca Kola la bebida o sabor del Peru depuis 1935.


 

From Anaconda to Inca Kola

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After three months of travelling alone together, a change seemed a good idea. And so I, (Vincent), joined Emmanuel and Martin in La Paz.

 

As my nails and my lips are already blue, due to the altitude of El Alto (4100 meter), thirty or more taxi drivers pounce upon me. I ask them where I can find «a commuting shuttle between La Paz International Airport (LPIA) and La Paz down town », no one understands me.... I really must forget my western world reactions....bienvenudo en el Tercer Mundo!!!. The meeting place is in Plaza San Francisco which is at the same time a huge outdoor market, a never ending and untidy building site and a rubbish dump where side by side one can find street sellers, beggers, shoe-shine boys, children and stray dogs, all this bathing in a strange smell..... Our hotel, « El Solario », is right next.

 

We don't really have the time to discover the charms of La Paz that we already find ourselves in the Pampas, the North Bolivian jungle, for three days and two nights. After a 13 hours wait in LPIA, a 45 minutes flight, a 2 hours jeep journey on an earth and rubble trail and finally a 2 and a half hours motorized dugout canoe sail, we arrive at the Anaconda Tour Camp. During 3 days we will discover with much wonder alligators, fresh water pink dolphins, piranhas, chuchillos (small yellow monkeys fed by tourists), tortoises, birds, capibaras (wild pigs weighing up to 60 kg). We spend 5 long hours with our guide looking for the anaconda in the tall and humid grass of the pampa but the difficult search is in vain.... the guide had warned us the previous day about the uncertainties of Nature. Nevertheless we are disappointed. To console ourselves, we go piranha fishing, watch the alligator at night fall and go swimming right next to the dolphins and near the alligators basking in the sun on the river banks. It is only on our return journey by canoe that we catch sight of a 2 meter long anaconda, we capture it for a short while, which seems to us a moment of eternity... Our jungle trip is a success, our agency « Anaconda Tour » well deserves its name.

 

No sooner had we recovered from our encounter with the anaconda than we were already in the plane to LPIA, which we are getting to know quite well. When we arrive, we take the time to visit La Paz, the view from the Observatory, which overlooks the town, is fantastic. Our visit ends at the « valle de la luna «  (one more valley of the moon, the fourth in fact).

 

We then leave the capital once more to discover by mountain bike « the most dangerous road in the world » (one mortal accident per week until the government finally realized that it would be preferable to build a safer road, more than 5 meters wide, on the edge of these bottomless ravines). A fantastic 60 km descent by bike, a 2500 meters difference of level.... We get glimpses of the wonderful scenery while at the same time concentrating on trying not to fall over the ravine edge just alongside. The guide shows us, by the way, the place where a tourist died 6 months ago. In the bus taking us to the « death road », listening to techno trans music, we signed an agreement : the organizer isn't responsible for anything, from a slight wound to our death including food poisoning and (the agreement mentions it literally) up to acts of God and Forces of Nature. We are serene as we get on our bikes....

 

After this rather athletic start of our holidays, we head for the cradle of the Inca civilisation, on the banks of the lake Titicaca. According to the Incas, it is here that the sun was born. From the rocky peak of Copacabana, after a difficult climb, we visually embrace most of the world's highest navigable lake. We visit Copacabana (which means « view on the lake » in Quechua), the starting point of our visit of the sacred island of the sun (Isla del Sol). A world on its own where time seems to have stopped while at the same time children beg and ask us for « caramelos ». Of course, we don't forget to taste the local specialty « la trucha del lago », the largest trout in the world; The manager of our hotel tells us about his culture, his island (« un lugar muy tranquillo y muy sagrado »), its traditions, one really feels that he is very proud of it.

 

Once the Peruvian border is crossed, a new island awaits us.... even several new ones for in Puno, the 300 traditional dances capital of Peru, we discover the floating « islas des Uros », real little floating towns on the lake, made of reeds, « totora », which grow abundantly on the lake banks. This reed is used by the population for everything, food, the making of objects, islands and houses. In spite of their excessive commercialisation, these islands nevertheless remain unique in the world. Before setting out for the «  center of the world », Cusco, we visit the « isla taquile », 3 hours by boat from Puno, to attend the harvest festival. In this very special island, we find the most beautiful hand-woven sheets and head wear of South America. We would have liked to spend more time here.

 

Here we are in Cusco, the capital of the Inca Empire. The feverish atmosphere of La Paz and the difficult minibus journeys in Bolivia seem very far away, so charming is Cusco with its little cobbled streets and its colonial-style small houses. The cathedral looks over a sunny cobbled square, « Plaza de Armas » like in all towns in South America, where it's so pleasant to relax and sip an « inca kola, la bebida del Peru » since 1935 « or el sabor del Peru ».




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Lundi 23 juillet 2007

Non seulement nous revenons donc au point de depart mais c'est malade que je me retrouve a Salta ou la temperature a d'ailleurs baisse de 25 degres depuis la derniere fois pour revenir a des temperatures plus de saison. Ca m'a tout l'air d'etre une bonne grippe : sans doute la consequence des violents changements de temperature comme quoi le dereglement climatique est vraiment global!
Peu importe, je me dis que c'est l'histoire de quelques jours avec les medicaments que j'ai achetes en vitesse a Salta. 

Notre deuxieme tentative pour franchir la Cordillere est plus fructueuse. La neige a fondu et nous finissons par arriver a San Pedro de Atacama, petit village situe a 2500m d'altitude au milieu de nulle part, enfin plutot au milieu du desert le plus aride du monde : le desert d'Atacama : 30 degres a l'ombre pendant la journee et -10 la nuit !
Repere de backpackers du monde entier, le lieu en soit n'a pas tellement d'interet si ce n'est d'etre le point de depart d'innombrables excursions. Ainsi, pendant que je prendrai une journee de convalescence, Martin aura l'occasion de visiter la fameuse vallee de la Lune...enfin la 3eme du meme nom depuis le debut du voyage!

Le lendemain, nous quittons definitivement le Chili pour 3 jours d'expedition en jeep dans le parc du Salar d'Uyuni, un desert de sel s'etendant sur plus de 12000 km2. A partir de la, c'est deux voyages differents que nous ferons Martin et moi : lui aura la chance de decouvrir les charmes de ce lieu exceptionnel, envoutant, reunissant lagunes multicolores, geysers bouillonants, paysages martiens  tout droit sortis d'un tableau de Salvador Dali sans oublier l'epoustouflant desert de sel de sol blanc craquele s'etendant a perte de vue. En revanche, pour moi, ce ne seront ni guanacos, ni flamands roses, ni lamas qui marqueront ce periple inoubliable mais plutot fievre, quinte de toux, vertiges et autre mal de tete insupportable.... Je ne m'etenderai pas sur le sujet mais je garde encore des souvenirs memorables de cette nuit passee au refuge a 5000m d'altitude a -15 degres (tout ca dans une piece non chauffee por supuesto) ou malgre mes 3 couvertures, mon sac de couchage et mon manteau, mes voisins de chambree ont du m'entendre claquer des dents une bonne partie de la nuit....
Doliprane, Ibuprofene jusqu'au curatives feuilles de coca, tout y passe mais aucune amelioration!


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uyuni5.jpg

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Grippe tenace ou soroche (le fameux mal des montagnes), pas moyen de savoir ce que j'ai mais c'est en tous cas epuise que j'arrive a Uyuni, notre premiere etape bolivienne. La encore, le depaysement est total : des cholas (femmes indiennes portant le costume traditionnel depuis l'arrivee des espagnols) et leur fameux chapeau melon, des innombrables stands de rue ou l'on trouve nourriture, vetements, appareils electroniques etc...des routes de terre ou il vaut mieux solidement s'accrocher, des enfants et parfois meme adultes urinant directement sur les trottoirs et enfin cette population presque integralement indienne (principalement d'origine quechua ou aymara) dont l'esperance de vie ne depasse pas les 60 ans (avec la retraite a 65 ans...) et vivant dans des conditions beaucoup beaucoup plus precaires qu'au Chili ou en Argentine, voici le spectable auquel nous assistons lorsque nous arrivons a Uyuni. Bienvenido en Bolivia!, le pays le plus pauvre d'Amerique du Sud mais peut etre egalement comme le disent certains, egalement le plus authentique.

On partira le soir meme a Potosi ou l'on arrivera en pleine nuit. C'est ainsi qu'a 3 heures du matin par un froid polaire, extenues par les derniers jours, nous nous mettons en quete d'un hotel. On s'apercevra vite que chaque pas dans cette ville, la plus haute du monde a plus de 4000m d'altitude est une veritalbe epreuve. Apres une heure de recherche epuisante, nous finissons par trouver une chambre! Soulagement....
Lendemain, premiers contacts avec le milieu medical bolivien. Apres analyse de sang et une attente interminable, le verdict tombe : c'est une salmonellose que j'ai la chance d'avoir! Ou l'ai-je attrappe? Au Chili, en Argentine ou en Bolivie?? Mystere...Dans tous les cas, repos force pendant plusieurs jours et regime d'antibiotiques! Apres 3 jours, je me sens un peu mieux et j'en profite pour visiter les fameuses mines d'argent de la ville. La visite est eprouvante : pendant 3 heures, c'est une plongee dans les tenebres. Dans un couloir d'environ 1m de large sur 1 a 2m de hauteur, je decouvre le quotidien de ces hommes et enfants qui travaillent dans des conditions plus que deplorables, ou les mesures de securite sont quasi inexistantes, tout ca pour moins de 100 dollars par semaine.... Dans ces interminables galeries creuses depuis le XVIeme siecle dans le Cerro Rico, l'obscurite, le manque d'oxygene et une chaleur etouffante (plus de 45 degres) se font sentir a chque pas. Dans cet enfer, les mineurs dont l'esperance de vie depasse rarement les 45 ans (du fait notamment de la silicose qui  frappe la majorite d'entre eux apres 10 ans de travail dans la mine) mastiquent constamment une importante quantite de feuilles de coca afin de soulager et d'attenuer peine, fatigue et douleurs.
Difficile d'imaginer que Potosi fut un jour la ville la plus riche et peuplee au monde et que ces fameuses mines permettaient au Royaume d'Espagne de financer ses guerres et conquetes...au prix du sacrifice de 8 millions de mineurs tout au long des 3 siecles de colonisation.

Nous laissons le froid de Potosi derriere nous pour redescendre a 2700m d'altitude et decouvrir avec joie le micro climat beaucoup plus chaleureux de Sucre, supposee etre la plus belle ville du pays. A l'arrivee, nous ne sommes pas decus : "la ville blanche", "le Paris des Andes" ou encore "l'Athenes des Ameriques" est une magnifique ville coloniale ou musees, eglises, dedales de ruelles plus charmantes les unes que les autres sont en abondance. Capitale du pays dans la Constitution, Sucre affiche une certaine opulence qui tranche radicalement avec ce qu'on a vu jusqu'ici.

Malheureusement pour moi, je n'aurai pas vraiment la chance d'approfondir la visite. Le lendemain de notre arrivee, mon mal de tete est si fort que j'arrive a peine a tenir debout. Direction l'hopital le plus proche ou je decouvre apres une nouvelle analyse de sang que la salmonellose n'a pas faibli bien au contraire...Seule solution si je veux eviter des complications : l'internement pendant plusieurs jours! Je suis encore une fois fou de joie mais n'ai pas vraiment le choix. Point positif : il y a un autre lit dans la chambre pour les proches ou amis... Martin aura donc la chance de partager les plaisirs de l'hebergement hospitalier bolivien avec moi!! Heureusement qu'il est la d'ailleurs car ici, les patients doivent eux memes acheter les medicaments prescrits par le medecin... tellement pratique surtout quand on est sous perfusion!
Apres 3 jours semblant durer une eternite, je suis enfin libre! L'infection est sous controle, je peux enfin prendre une douche!
Petite parenthese, cette mesaventure m'aura tout de meme coute  l'equivalent de 300 euros...diffcile voire impossible pour beaucoup de boliviens de se payer un tel luxe...

Soulage comme jamais, les 14 heures de car de nuit pour se rendre a la Paz ne seront qu'une formalite: Malgre toutes les incertitudes habituelles, les petites tracasseries quotidiennes liees au voyage, je sais au moins que je ne feterai pas mon anniversaire sous perfusion... Un cadeau en soit!
Cette nuit la, les etoiles scintilleront d'ailleurs plus que jamais!!

  

From Salta to Sucre, a salmonellosis journey

 

 

Not only do we return to our starting point but it is as a sick man that I am back in Salta, where, by the way, the temperature has dropped by 25° Celsius since we were last here and is back to more normal seasonal temperatures. I'm quite certain it's the flu: no doubt the consequence of drastic temperature changes, proof if need be that the climate has really gone wrong globally.

No matter, I'm convinced it's only a question of days with the medicine I've bought in a hurry in Salta.

 

Our second attempt to cross the Cordillera is more successful. The snow has melted and we end up arriving in San Pedro de Atacama, a small village situated at 2500 meters in the middle of nowhere, or should I say, in the middle of the most arid desert in the world : the Atacama desert, 30° Celsius in the shade during the day and minus10 during the night !

Meeting point of backpackers from all over the world, the place in itself isn't of much interest except for the fact that it's the starting point for innumerable excursions. So, while I spend the day convalescing, Martin will have the chance to visit the famous Valley of the Moon... well, the third one with the same name since the beginning of our journey !

 

On the next morning, we leave Chile for good on a 3 days jeep expedition in the Salar d'Uyuni Park, a salt desert stretching over more than 12 000 square kms. From thereon, Martin and I will make two different trips : he will be lucky enough to discover the charms of this exceptional, bewitching place consisting of multicolored lagoons, bubbling geysers, martian landscapes right out of a Salvador Dali picture, not to mention the breathtaking white cracked soil salt desert going on for ever .But for me, no guanacos, no pink flamingos, no lamas to make this journey unforgettable but rather fever, coughing fits, dizziness and all sorts of unbearable headaches.... I will not dwell on this subject but I still have unforgettable memories of the night we spent in a mountain lodge at 5000 meters minus 15° Celsius (all this in an unheated room por supuesto) where in spite of 3 blankets, my sleeping bag and my anorak, my room mates probably heard my teeth chattering most of the night ...... I try everything, paracetamol, ibuprofene, even curative coca leaves but no improvement !

 

Bad flu or « soroche » (the well known altitude illness), impossible to know but in any case I arrive exhausted in Uyuni, our first stop in Bolivia. There again, the feeling of strangeness is total : « cholas » (Indian women wearing the traditional costume ever since the arrival of the Spanish) and their famous bowler hats, innumerable street stalls where one can find food, clothes, electronic equipment, etc....dirt roads where you better hold on tight, children and sometimes even adults urinating directly on the pavement and finally this almost totally Indian population (mainly of Quechua or Aymara origin) whose life expectancy doesn't exceed 60 years old (with retirement age at 65....) and living in far worse conditions than in Chile or Argentina, this is the sight we meet with when we arrive in Uyuni. « Bienvenudo en Bolivia », the poorest country in South America but also maybe, as some say, the most authentic one as well.

 

We leave the same evening for Potosi where we arrive in the middle of the night. So, this is how at 3 am, in the freezing cold, exhausted by the last few days, we start looking for a hotel. We realize very quickly that each step in this town, the highest in the world at 4000 meters, is a real ordeal. After an exhausting one hour search, we end up finding a room ! What a relief....

Next morning, my first contact with the Bolivian medical environment. After a blood test and a never ending wait, the verdict falls : I'm the lucky carrier of a salmonella poisoning. Where did I catch it ? In Chile, Argentina or Bolivia ? It's a mystery......In my case, it's a compulsory rest for several days and an antibiotic diet ! After 3 days, I feel a little better and I take the opportunity to visit the famous silver mines of the town. The visit is trying : during 3 hours it's an immersion in darkness. In a corridor of about 1 meter wide and 1 to 2 meters high, I discover the everday life of these men and children who work here in deplorable conditions with practically no safety measures and all this for less than a 100 dollars per week..... In these never ending galleries dug in the Cerro Rico since the 16th century, darkness, one experiences lack of oxygene and a stiffling heat (more than 45° Celsius) at every step. In this hell, the miners, whose life expectancy seldom exceeds 45 years old (mainly because of silicosis which affects most of them after 10 years work in the mine) constantly chew an important quantity of coca leaves in order to relieve and alleviate the harship, tiredness and suffering. It's hard to imagine that Potosi was once the richest and most populated town in the Americas and that these famous mines enabled the Kingdom of Spain to finance its wars and conquests..... at the cost of the sacrifice of 8 million miners throughout the 3 centuries of colonisation.

 

We leave Potosi and the cold behind us and go back down to 2700 meter to discover with such pleasure the warmer micro-climate of Sucre, which is supposed to be the most beautiful town in the country. On our arrival, we are not disappointed : « the white city », « the Paris of the Andes » or « the Athenes of the Americas » is a magnificent colonial town where museums, churches, mazes of small streets, each one more charming than the other, are plentiful. Sucre, capital of the country in the constitution, shows a certain opulence which differs radically from what we have seen up till now.

 

Unfortunately for me, I won't really have the chance to visit much. On the morning after our arrival, I have such a strong headache that I can barely manage to stand. And so I head straight to the nearest hospital where, after à new blood analysis, I discover that the salmonellosis hasn't weakened, quite the opposite.... If I want to avoid any further complications, the only solution is hospitalization during several days ! Once again I'm full of joy but I don't really have the choice. A posivitive point : there is another bed in the room for family or friends....So Martin will be lucky enough to share the pleasures of Bolivian hospital lodgings with me !!! Moreover, it's a good thing he is with me for, here, patients must themselves buy the medicine prescribed by the doctor.... so handy especially when you're on a drip ! After 3 days which seem to last forever, I am free at last ! The infection is under control, I can now take a shower !

Small digression, this misfortune has cost me the equivalent of 300 euros..... difficult, if not impossible, for most Bolivians to pay such luxury ....

 

I feel so relieved that even the 14 hours bus journey to get to La Paz seems only a formality : in spite of all the usual uncertainties, the small everyday worries of the journey, I know at least that I won't be celebrating my birthday on a drip.... a present in itself !

By the way, on this night, the stars will shine more brightly than ever !!

 

 

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Mardi 17 juillet 2007

Hola todos!! Desole de ne pas avoir donne de news depuis un moment. Je ne pourrai pas prendre l'excuse du manque de cybercafes (que ca soit en Argentine, au Chili ou en Bolivie, les villes en sont remplies). Disons plutot que les 3 dernieres semaines qui viennent de s'ecouler n'ont pas ete de tout repos. J'y reviendrai dans le prochain article...

Un ocean de poussiere, des rivieres de voitures, une veritable maree humaine...Voila la premiere impression que nous a laissee Tucuman, premiere etape de notre sejour dans le nord ouest argentin (NOA). Sauf que Tucuman est moins connue pour ses attributs marins que pour etre le lieu ou fut signe le traite d'independance de l'Argentine un certain 9 juillet 1816. Mais au-dela de son importance historique, Tucuman marque une profonde rupture avec l'Argentine que nous connaissions jusqu'alors. Ici, a Salta ou Jujuy, on ne compte plus les palmiers, orangers et magnifiques places ombragees.
Le climat s'adoucit et se fait de plus en plus sec comme l'attestent les innombrables deserts de cactus que nous traverserons.

 
palmiers.jpgPalmiers de Salta la Linda


cactus-copie-1.jpg
Le piquant du voyage...

Et quand on arrive le 21 juin a Salta et que le thermometre affiche 40 degres, on se dit qu'on a bien fait de venir en plein hiver...

La population elle aussi change devenant de plus en plus metissee. Mariela, rencontree a Salta nous apprendra ainsi que dans certaines c
ontrees du NOA, des indiens coyas parlent encore la langue de leur ancetre, le quechua, pour implorer la terre mere, la Pachamama de ne pas faire manquer de mais et de betail.
La pauvrete se montre egalement plus souvent dans les villes du nord ouest qui furent particulierement frappees par la crise des annees 2000. Combien de fois on a pu voir des enfants nous demander quelques pesos dans la rue, les marches, les parcs et meme les restaurants. A Salta, dans un restaurant populaire de la ville, ce ne sont  meme plus 2,3 sous que ces enfants esperent mais quelques gorgees de coca et les restes des plats des clients. Difficile a accepter surtout quand on sait que ces enfants n´ont meme pas 10 ans...
Plus rien donc a voir avec la tumultueuse Buenos Aires ou la chic et snob Mendoza!

D´un point de vue plus historique, les spectaculaires ruines de Quilmes ou de Tilcara nous font progressivement penetrer dans le monde pre-colombien, univers veritablement fascinant! D'autant plus quand on sait qu'une poignee de Quilmes ont courageusement resiste 150 ans a l'ogre espagnol

quilmes3.jpgLe penseur de l'infini ( a Quilmes)


Et a Cafayate (prononcer Cafachate), Tafi del Valle ou encore Cachi, delicieux petits villages andins ou l´on prend veritablement le temps de vivre et ou je resterais volontiers beaucoup plus longtemps, difficile de ne pas se sentir dans un autre monde!
 


cafayate2.jpgLes deux compadres dans la "ventana" a Cafayate


Tafi-del-Valle.jpgInstant d'eternite a Tafi del Valle...

Finalement, seule la victoire de Boca Junior (club de foot de Buenos Aires vraissemblablement le plus populaire du pays) face aux bresiliens de Gremio en finale de la Copa de los Libertadores (equivalent de la champions league europeenne) et la frenesie qui en decoula dans le petit village de Cafayate nous rappelle que nous sommes encore en Argentine.

Enfin, nous sommes ravis de voir que les gens du Nord-Ouest sont tout aussi sympathiques que ceux du reste de l¨Argentine. On passera une journee tres agreable en compagnie de Josefina, etudiante super sympathique et super dynamique en derniere annee de droit a Tucuman, qui nous invitera a dejeuner chez sa famille avant de nous montrer la ville et de nous emmener voir un des films en competition au festival de cinema de Tucuman : la Antena (melange fort interessant entre les films des annees 20, Batman III, Delicatessen et 1984...)


josefina3.jpgManu et Josefina a Tucuman


Bref, c¨est encore une fois difficile de quitter l'Argentine ou nous venons de passer 3 semaines fantastiques : difficile car nous n¨avons pas vraiment envie de partir et surtout difficile car apres 8 heures de car sur les sinueuses et tellement "agreables" routes de montagne menant a San Pedro de Atacama au Chili de l'autre cote de la Cordillere, on nous dit qu'il va falloir rebrousser chemin en raison de fortes chutes de neige empechant le franchissement de la frontiere.  Nous sommes ravis  comme vous pouvez l'imaginer d'autant plus qu'on ne voit pas 1 cm de neige sur la route...

To be continued.....


English version : Cactus, football and snow

Hola todos !! Sorry that we didn’t give news for a while…A lack of cyber-café won’t be an excuse because cities of Argentina, Chili and Bolivia are full of…Let say rather that last 3 weeks were very busy. I will further talk about it…
 
An ocean of dust, rivers of cars and a large crowd of human people…Here is the first impression left by Tucuman, our first leg of our journey in the north of Argentina (NOA). But we discovered that Tucuman is very known to be the place of the Independence Treaty of Argentina on the 9th July 1816. And very less known for its marine attributes…
Beyond a historical aspect, Tucuman is in rupture with the rest of Argentina.
Here, in Salta or Jujuy we stopped to count palm-trees, orange trees and gorgeous tree-shaded places…
Indeed, climate is sweeter and dryer. The best sign is cactus deserts we are crossing…
 
When we are arriving to Salta, the temperature is 40°C. We are glad to come in the middle of the winter…
 
Local inhabitants are changing as well. We can meet more half-blood people. Mariela (met in Salta) will us learn that in some climes of the NOA, Coyas Indian still speak their ancestor’s language (the Quecha) when they implore Earth Mother to keep an abundance of corn and meat.
 
Poverty is more present in the North-west cities. They are still very affected by the 2000’s economic crisis. We don’t remember how much children asking few pesos in streets, stairs, parks…In Salta, in a working-class restaurant we even see child who hoped a little bit of Coke or rests of dishes…Hard to accept when we know that these children are barely 10 years old…Nothing to do with the bustling Buenos Aires or the posh Mendoza !
 
From a historical point of view, our entrance to the ante-Columbian universe is occurring when we discover spectacular ruins of Quilmes or Tilcara…Fascinating! All the more when we know that few Quilmes holded out for 150 years against the Spanish Ogre…
 
And in Cafayate (pronunciate Cafashate), Tafi del Valle or Cachi, which are delicious small and Andean towns, people really have time to live. I will gladly stay more in this other world…
 
Finally, the victory of the Boca Junior (probably the most famous football club of Buenos Aires) VS the Brazilian of Gremio for the “Copa de los Libertadores” (equivalent to the Champions league in Europe, I think) and the resulting frenzy, remember us that we are still in Argentina…

At last, we are delighted to observe that North-West people are charming and dynamic like others Argentines: we spent a very good day with Josefina. She is a last year law student in Tucuman. She invited us for lunch with her family before showed us the city. After that, we watch a movie which is in competition at the cinema festival of Tucuman. The “antenna” is a sweet motley between 20’s movies, Batman III, Delicatessen and 1984…

Anyway…Once again, it is hard to leave Argentina after spending 3 wonderful weeks. And harder again because after 8 hours coach travelling on “nice” and sinuous mountain roads to San Pedro de Atacama, Chili, on the other side of Andes, we tell us that is impossible to cross the boundary. We tell us that we need to turn back because of important snow fall…We are delighted because there is not even 1 cm of snow on the road…

To be continued.....
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Lundi 25 juin 2007

Avant de quitter le Chili, nous sommes allés en pélerinage dans la maison préférée de Pablo Neruda à Isla Negra. Non pas que nous ayons devoré toute son oeuvre, (je n'ai rien lu pour ma part, mais je me rattraperai, c'est promis) mais dans ce pays le personnage est tellement mythique et vénéré que nous ne pouvions pas ne pas nous intéresser d'un peu plus près à son cas. Et en effet la visite vaut le detour, sa maison architecturée sur le thème du bateau et remplie d'oeuvres d'art du monde entier, est située en aplomb d'une plage et offre une vue IMPRENABLE sur le Pacifique dont la contemplation laisse rêveur . . . On croit comprendre que la houle fougueuse permanente de l'océan ait été une source d'inspiration pour le poète.                    
          
                                         
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   A présent et conformément à nos plans, il est temps de revenir au pays du tango, de la viande et de Maradona. Je dois bien vous avouer que c 'est avec un brin de nostalgie qu'on quitte le Chili pour revenir en terre argentine. La longue bande de terre de 4300 km nous a en effet laissé tant de bons souvenirs à tous les niveaux qu'on se disait que le retour en Argentine serait difficile. Au passage de la frontière, sur une route sinueuse entourée de monts enneigés, on prend conscience de la chance qu'on a de passer des frontières et de voyager tout simplement. Effectivement les voyages en bus, plus ou moins longs, sont toujours l'occasion de retours réflexifs sur les moments vécus et bien sûr de spéculations sur ceux à venir. Mais en voilà assez pour cette digression. Notre première étape retour en Argentine est Mendoza, ville phare du vin dans le pays. Ici, Malbec et Syrah n'ont de secrets pour personne et les locaux se font bien sûr un plaisir de nous demander si l'on préfère les vins français aux vins argentins, difficile à dire sans paraître chauvin . . M'enfin, Mendoza nous est également apparue comme une ville très tranquille, où tout tourne au ralenti, ce qui n'était pas pour nous déplaire d 'ailleurs car on a profité de notre sejour dans la ville pour se reposer, sirotant cafés en terrasse et grignotant empanadas.

   Mendoza, ce fut également le bon accueil que nous a réservé Laura (d'Hospitality club), qui nous a non seulement laissé les clefs de sa maison, ce qui a fait qu'on a pu se sentir vraiment chez nous à 10 000 km de notre domicile indiqué sur le passeport, mais qui nous egalement invité à une parrilla (BBQ pour les non-initiés) dans sa famille, le tout dans un jardin par une belle journée, et je peux vous dire que c'etait un festin (le tout arrosé d'or rouge liquide local), entre les chinchurrins et les zapayos grillés, en passant par le fromage accompagné de  dulce (confiote locale). Des gens sympas et très accueillants. De plus, c'est vraiment intéressant d'un point de vue sociologique et culturel car ce genre de rencontres permet d'observer et de mieux comprendre le mode de vie des gens d'ici. La famille de Laura était de plus très curieuse de la France, ce qui a été l'occasion d'echanges intéressants  . . . .Je ne résiste pas au plaisir de vous en relater quelques-uns: 1) Le père de Laura, amateur de voitures Renault mais aussi de moto nous a demandé, "Mais pourquoi donc Renault ne s'est jamais lancé dans la construction de motos ?" (si vous avez des éléments de réponse . . .) 2) La mère de Laura (qui a étudié la socio) m'a demandé : "Mais que pense -t-on de de Foucault dans l'enseignement de la sociologie en France" (réponse bienvenues !) Mais les français aussi sont accueillants ! Les frères Constant, expatriés à Mendoza et propriétaires d'un bon restau là-bas (Anna Bistro) nous l'ont prouvé en nous invitant à un dîner très sympa (réalisé par leur maman !) au cours duquel Jérôme a débouché force bouteilles ou comment faire une route des vins en restant assis sur la même chaise . . . 
  
                                         
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                    Chez Jérôme à Mendoza (après un repas bien arrosé...)

                   
  
         Al Puente del Inca (pont de sel à proximité de Mendoza)


   Mais revenons à nos moutons, grâce à hospitality club, et malgré notre très bon souvenir du Chili, on s'est aperçu qu'en Argentine aussi les gens étaient très accueillants, à l'image de Mariana, qui nous a pratiquement laissé sa maison pendant les trois jours qu'on a passé à Cordoba. Quant à San Juan, ville située au nord de Mendoza, elle nous a permis de découvrir les merveilles naturelles locales du parc Ischigualasto (ou Vallée de la Lune pour les néophytes) ainsi que de goûter à encore d'autres vins (on ne s'en lasse pas) et autres produits du terroir ( dommage qu'on de puisse pas trouver en France d'huile d'olive de San Juan car elle est terrible). 


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                       La fameuse vallée de la Lune ou parc Ischigualasto


Il suffit donc de se remettre dans l'ambiance d'un pays pour en apprécier les charmes. Au niveau du vocabulaire, cela se traduit par l'abandon des "bakan " et "fomé" chiliens au profit des "recopado" et autres "bajon ", il faut donc réapprendre et prononcer aussi  "chamar" pour llamar et non plus "yamar" comme au Chili. La capacité d'adapation au changement n'est-elle pas une des nécessités premières du voyage ?
                                                                           
   Nous allons maintenant continuer notre périple en direction du nord et allons découvrir des endroits ou l'influence et la présence de "natifs" est de plus en plus importante. A la prochaine amigos !

lexique
Bakan et recopado : Génial !
Fomé: ennuyeux
Bajon : quelle vilénie !

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Jeudi 14 juin 2007

Apres un mois de remontee du Chili, nous decidons de faire une halte de quelques jours dans notre ultime etape chilienne avant le retour en Argentine : Valparaiso. Tres vite, je comprends pourquoi la deuxieme ville du Chili, lieu de naissance de Pinochet et d'Allende s'appelle de la sorte : Valparaiso ou litteralement "vallee du paradis". Quel sublime decor en effet qu'offre Valpo a la fin d'une journee ensoleillee : les couleurs vives et joyeuses de maisons s'etendant a perte de vue sur les cerros (collines) de la ville se fondent subtilement dans le ciel orangé. Et quand l'obscurite finit par envahir la ville, des centaines, des milliers de reverberes eparpilles de facon chaotique l'illuminent, telles des lucioles qui se seraient figees l'espace d'une nuit... Et quel plaisir egalement de se perdre dans ce labyrinthe de ruelles aux murs colores, d'escaliers sans fin, de petites places ombrages, de cafes ou les odeurs apetissantes d'empanadas, de chorrillenas, de mariscal caliente... se melangent aux airs de cueca, de salsa, tango et jazz.

Quelles tranquilite et source d'inspiration par la meme occasion! Pas etonnant que nombre d'artistes, dont Pablo Neruda qui fut sans doute le plus celebre, y elirent domicile. 

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Apres un dimanche apres-midi a deambuler dans les rues en passant d'un cerro a un autre par ces fameux "ascensores", je me retrouve dans un cafe ou des dizaines de vieilles affiches de cinema ornent les murs. A l'autre table, Cesar, originaire de Calama au Nord de Chili m'invite a se joindre a lui. Il m'explique qu'il travaille sur un bateau de marchandises qui sillone les mers du monde. Ce dernier revient d'ailleurs de 3 mois de voyage en Europe et notamment en France au moment des presidentielles. Il ne cache d'ailleurs pas son etonnement par rapport au remus menage qui a suivi les elections. En effet, au Chili, ou une grande partie de la population vit encore dans la misere et ou "la Bachelet" est a son plus bas niveau dans les sondages, situation due principalement a la crise du Transantiago (le nouveau systeme de transport mis en place dans la capitale), on ne brule pas les voitures pour autant...

Residant a Valpo en attendant de repartir fin juillet, destination encore inconnue, Cesar passe egalement son temps a jouer au touriste en parcourant sans se lasser les rues de cette ville fascinante. Les 35 ans passes (qu'il est d'ailleurs loin de faire), il m'explique que son reve serait de se lancer dans le tourisme d'aventure. Mais en parlant avec lui, j'ai surtout l'impression que cette vie de voyages, de rencontres et de decouvertes a travers le monde l'enchante plus qu'autre chose...Comment lui dire le contraire?

Le lendemain, nous dejeunons ensemble dans le vieux marche de Valparaiso. Je m'attends a voir un lieu animé et bruyant ou des dizaines de marchands se demenent corps et ames pour vendre leurs produits mais quand nous arrivons dans ce vieil immeuble poussiereux faisant office de marché, il n'en est rien : pas un chat a l'horizon! Il est 14h; tout le monde fait la sieste... Heureusement, le petit restaurant ou voulait m'emmener Cesar est ouvert. Tout en goutant a de succulentes empanadas aux fruits de mer accompagnées d'un verre de Chardonnay chilien, nous parlons de tout et de rien. Cesar continue a me parler avec passion de Valparaiso, ville qui ne l'a pas vue naitre mais qui, comme pour presque tous les chiliens que j'ai rencontres, tient une place a part dans son coeur. Capitale des poetes, musiciens et artistes en tout genre, Cesar se l'imagine comme le Paris des annees 20.

Mais il me parle egalement de sa region natale a l'extreme Nord du Chili, ou la Bolivie n'est qu'a quelques heures de route et ou surtout un (de plus??) desastre ecologique est en train de se produire... Si comme moi, Pascua-Lama ne vous dit rien, je vous conseille vivement de vous renseigner sur cette mine d'or a ciel ouvert situee entre le Chili et l'Argentine et dont l'exploitation impliquait a l'origine "l'enlevement" de plusieurs glaciers. Devant l'opposition de la population locale, les compagnies etrangeres exploitant la mine durent accepter de revoir leur projet. Mais l'utlisation de mercure dans l'extraction pourrait tout de meme condamner toutes les rivieres de la region et provoquer un veritable drame environnemental... 

Lundi soir, dernier soir a Valaparaiso et au Chili par la meme occasion... Nous decidons d'aller prendre un verre pour marquer le coup et de celebrer cette nouvelle amitie avant que chacun reprenne son chemin respectif. Fernando, un ami de Cesar vivant a Valpo depuis quelques mois apres avoir passe une vingtaine d'annees aux Mallouines (parlant d'ailleurs un anglais on ne peut plus British) nous accompagne. En l'ecoutant, je ne peux m'empecher de penser a quel point cela doit etre etrange d'habiter sur cette petite ile, a quelques dizaines de kilometres des cotes argentines et ou l'on peut toutefois entendre la cloche sonnant les derniers commandes dans les pubs...

Enfin, nous voila dans l'un des rares bars du centre ouverts un lundi soir... Mais loin d'etre mort, l'ambiance de ce lieu ou toutes les generations se retrouvent est plus sympathique que jamais.

 
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De gauche a droite : Fernando, Cesar et Manu 


Alors qu'un vieil habitué chante (merveilleusement bien d'ailleurs) des classiques de Sinatra, une discussion s'engage avec la table d'a coté, soit 3 etudiantes en derniere annee d'architecture. Carla, ma nouvelle voisine, m'explique ainsi que le grand probleme actuel dans son domaine est que ni le gouvernement, ni les villes ne disposent des moyens et de la volonte pour maintenir, restaurer et mettre en avant le tres riche patrimoine architectural du pays. Ainsi, a Valparaiso, ville declaree patrimoine de l'humanite en 2003, le plus vieux quartier de la ville, au lieu d'etre restaure apres les nombreux tremblements de terre qui ont frappe la ville, est en tout simplement en train d'etre raye de la carte...

Plus "amusant" est cette curiosite que je me dois de mentionner car Carla est (malheureusement) loin d'etre la premiere personne a m'en faire part : au dela du bon franchouillard sur sa bicyclette des annees 30 avec son beret, sa bouteille de rouge dans une main et sa baguette dans l'autre, savez vous quelle image, nous les francais, avons a l'etranger (pour le moins au Chili)? Orgueilleux, peut-etre un peu, romantique surement... mais sale est la reponse qui revient presque tout le temps!!! Combien de fois ai-je eu droit au : "Est ce que c'est vrai qu'en France, on ne se lave qu'une fois par semaine?" ou "L'eau coute-elle si chere en France?" sans parler de cette theorie stipulant que notre savoir faire en matiere de parfums viendrait avant tout d'une necessite de masquer nos mauvaises odeurs.... Logique apres tout...

Apres  ces "echanges inter-culturels", quelques verres, et de bonnes tranches de rigolade, nous partons tous ensemble danser sur des rythmes endiables de reggaeton (principale musique ecoutee en Argentine et au Chili) dans la seule discotheque ouverte ce lundi... mais pleine a craquer!  

Diificile de quitter Valaparaiso, difficile de quitter le Chili !!!

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Mardi 5 juin 2007

Après deux semaines de " vacances " de blog, nous revoilà, prêts à vous raconter nos dernières aventures!
Il ne s'est passé que deux semaines depuis Chiloe mais c'est comme si 2 mois s'étaient écoulés tant ces derniers jours ont été riches.

Riches tout d'abord par leur diversité : des paysages nordiques de Chiloe au cadre plus germanique de la région des lacs en passant par les volcans de Pucon et jusqu'à la jungle urbaine de Santiago, difficile de ne pas se sentir dépaysé à chaque fois que nous reprenons la route.

Richesse culturelle également. Quand on sait qu'au sud du Chili cohabitent non seulement les populations d'origine mapuche (qui malgré des siècles d'oppression revendiquent plus que jamais leurs origines), les descendants des conquistadors espagnols présents sur tout le continent mais également les descendants de colons allemands ayant immigré au 19ème siècle dans cette région du Chili. Ainsi, à Puerto Varas ou à Frutillar, on se croirait plus dans des villages de Baviere qu'au milieu du Chili sans parler de tous les collèges allemands de la région ou la fameuse cerveza Kunstmann, meilleure bière du pays sans commune mesure!

Nous voyageons sans cesse et sans relâche mais cela ne nous empêche pas de nous maintenir en forme comme l'atteste notre séjour à Pucon : en entrée, une séance plutôt intensive de rafting où Manu fut à deux doigts de se noyer dans les eaux glacées d'une des nombreuses rivières se jetant dans le Lago Villarrica, en plat principal l'ascension (malgré des vents violents, la neige gelée et les vapeurs de souffre de ce volcan encore en activité) du volcan Villarrica à 2800 m d'altitude et en dessert comme  "frutilla en la torta", les fameuses thermes d'eau bouillante Pozones de Pucon à la lueur des étoiles!! Difficile de ne pas se régaler après un tel menu!



  Nous en route pour l'ascension du volcan Villarrica
  On our way to climb Villarica volcano

Mais encore une fois, comment parler de richesse de notre voyage sans parler des personnes rencontrées lors de notre périple? Surtout lorsque nous avons enfin commencé à utiliser un des nombreux trésors cachés d'internet (si, si, il y en a!) J'ai nommé : Hospitality Club.

Ce site vraiment génial permet de rencontrer et éventuellement de loger gratuitement chez n'importe quel de ses membres prêt à vous accueillir (sur les dizaines de milliers que comporte le site dans le monde). En retour, vous devez jouer le jeu en étant prêt à proposer l´hospitalité aux voyageurs membres du site quand ils sont en visite chez vous.

Je ne compte même plus les gens que nous avons rencontrés par ce biais... Entre Cynthia, professeur d'allemand à Osorno, Johannes, étudiant allemand en échange universitaire à Valdivia, Mayorie, professeur d'espagnol à Concepcion, Maria Jose, étudiante en nutrition à Chillan ou encore Paulina, assistante sociale à Santiago!


Santiago.JPG
Chez Paulina à Santiago
In Paulina’s home in Santiago

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Chez Johannes à Valdivia
In Johanne’s home in Valdivia



Xaviera, notre guide à Valdivia

Xaviera, our guide in Valdivia


A chaque fois, c'est bien plus qu'un moyen de faire des économies. Chaque rencontre est pour ma part un enrichissement personnel immense. Tout d'abord, cela nous permet de mieux comprendre la réalité de ce pays, profondément marqué et encore terriblement divisé depuis la fin de la dictature de Pinochet. De plus s'il est vrai qu'il est le plus riche d' Amérique du sud, le Chili comporte néanmoins des inégalités sociales à faire peur et sa classe moyenne nettement majoritaire vit dans des conditions de vie nettement inférieures à celles des pays occidentaux (pas d'eau chaude chez Paulina et au Chili en hiver, couvrez-vous bien car très peu voire pas du tout de chauffage dans les maisons).

Mais surtout, c'est une véritable leçon de générosité pour nous, les gringos... Une véritable giffle quand je vois l'accueil que nous réservent tous les gens chez qui nous allons. Ainsi comment ne pas être touché quand à Santiago et à Concepcion, Mayorie et Paulina insistent pour me donner en cadeau ce qu'elles ont de plus précieux : leur recueil préféré de poèmes de Pablo Neruda... Et dire qu'on m'avait décrit les chiliens comme des gens plutôt froids et peu ouverts... Ceux que j'ai rencontrés sont exactement l'inverse et me donnent l'image d'un peuple extrêmement généreux, fier de sa culture mais faisant preuve d'une ouverture d'esprit exemplaire et d'une insatiable soif d'apprendre!

C'est simple, este pais me encanta !!!
 

 

 

English version : Small house but big heart !

After 2 weeks of blog “vacation”, we are back on the blog to tell you our last adventures!  Only two weeks passed since Chiloe but it’s like 2 months passed, these last days were so full.

First of all full by their diversity : Nordic landscapes of Chiloe, German-like atmosphere of the Lakesarea, Pucon volcanoes or the urban jungle of Santiago… Each time we move to another place, this change provides us a great change of scene.
We are discovering as well completely different cultures. In the South of Chile are living together populations with Mapuche origins (proud of their identity despite years of oppression), descendants of the Spanish conquistadors who spread on all the continent and descendants of the German settlers who immigrated in the 19th century. .Therefore, in Puerto Varas or Frutillar, you feel more like in like Bavarian villages than in the middle of Chile, not to mention all the German schools  of the area or the famous Kunstmann cerveza,  best beer of the country ever!
Our every day desire of going further and further does not prevent us from remaining in great form As our stay in Pucon can prove you : for the starter,  we did a quite intensive rafting session during which Manu was very close to drowning in the icy water of one of the numerous rivers flowing in Lago Villarrica. For the main menu, we climbed the Villarrica volcano (2800 meters or 1243 miles), despite violent winds, frozen snow, and sulfure steam of this still active volcano. Finally for desert, we finished  with the famous boiling water thermal baths of Pozones dePucon by starlight. It was the icing on the cake!
Still, once again, how could we describe our trip without giving credit to the people we met during our adventures? Especially since we began to use one of the numerous hidden treasures of internet (yes, indeed, there are some!). Let me present you : Hospitaly Club.This amazing website helps you meet and possibly be the host for free of any of the members who are ready to welcome you (among the ten thousands who registered on this website). In exchange, you play the game by offering also hospitaly to the travelling members of this website when they are visiting your country.
Thanks to this system, we met countless of people! To name a few..Cynthia, German teacher in Osorno; Johannes, German student in an exchange programme in Valdivia; Mayorie, Spanish teacher in Concepcion;  Maria Jose, studying nutrition in Chillan or Paulina, social worker in Santiago!
Each time, it is much more than just a way of saving money! Each new encounter is for me a huge personal enrichment. First it helps us understand better the  reality of this country which has been deeply changed and divided since the end of Pinochet dictatorship. Moreover, if Chile is the wealthiest country of South America, social inequalities are still strong and the vast middle class of the country is facing living conditions much lower than the ones in western countries.
(no hot water in Paulina’s home, and in Chile in winter, you better put on warm clothes because there is barely if no heat in the houses).

But above all, it is a true lesson of generosity for us, the gringos… A real slap in the face when I see the hospitality offered by the people with who we stay. How not to be moved in Santiago and in Concepcion when Mayorie and Paulina insisted to offer me what is the most precious thing for them : their favorite poetry book of Pablo Neruda… I can’t believe someone told me that people from Chile were unfriendly! The ones  I met are the exact opposite and give me the the image of a nation extremely  generous, proud of its culture but also entirely open-minded and incredibly eager to learn!


To conclude, este pais me encanta !!! (I love this country ! )

 

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Lundi 21 mai 2007

  A peine étions-nous descendus du ferry Navimag que nous reprîmes le bateau pour l'île de Chiloé. Seulement cette traversée ne fut pas de tout repos . . .
En effet, nous dûmes mener une rude bataille contre les Brujos ,qui, à bord de leur Caleuche, firent tout leur possible pour nous empêcher d'accéder à l'île. Heureusement que nous bénéficiâmes de l'aide de Ten-Ten Vilú, sans qui nous aurions probablement sombré.

   Bon, en réalité, la traversée a été très tranquille, seulement je n'ai pas résisté à l'envie de vous parler de ces quelques personnages de la mythologie chilote. Pour ceux qui ont vu le film Pirates des Caraïbes, on pourrait comparer les Brujos aux pirates fantômes. Quant au Caleuche, c'est le nom donné à leur embarcation qui, en plus d'être incandescente, peut aussi naviguer sous la surface des eaux. Et Ten-Ten Vilú  n'est autre que le Dieu serpent protecteur de la Terre.


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  Mais Chiloé, c'est également les palafitos, (maisons sur pilotis) et les églises en bois nombreuses et variées dont 16 figurent au patrimoine mondial de l'Unesco. Notre logeur Claudio, type très sympa, nous a parlé de toutes les choses à voir dans l'archipel (et aussi de politique chilienne, pour notre plus grand plaisir cela va de soi).

  On a particulièrement aimé l'île de Qinchao, dont le calme et la simplicité donnent l'impression d'être au 19ème siècle et dont les paysages ressemblent au Pays de Galles.  Malgré leur tranquillité, les villages de l'île sont loin d'être austères, au contraire ils semblent receler une énergie cachée faite de croyances spécifiques et d'une forte culture locale. Ainsi, comme nous l'apprendra Ivan (étudiant en architecture que nous avons interrogé) se pratique toujours à Chiloé la Minga, système de travail d'origine Mapuche basé sur la réciprocité et la solidarité. 


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   Et parce que la culture passe aussi par la nourriture, nous avons essayé le curanto (que rico !), spécialité chilote à base de fruits de mer, de pommes de terre et de viande fumée. Pour ce qui est del licor de oro, je dirai simplement que...nous l'avons goûtée et c'est déjà pas mal !
 

English version: The mythical Chiloe

     As soon as we came out of Navimag ferry, we took the boat for Chiloe island. But this crossing was not quiet all the way…Indeed, we had to fight hard against the Brujos. From their Caleuche, they did everything they could to prevent us of reaching the island. But fortunately we were helped by Ten-Ten Vilú. Without him we would probably have sunk.
     Ok, in reality, the crossing was really quiet, but I could not resist telling you about these characters of Chilote mythology. For those who saw “Pirates of the Caribbean” movie, we can compare Brujos to ghost pirates. As for Caleuche, this is the name given to their boat. In addition of being sparkling, their boat can also navigate under water. And Ten-Ten Vilú is nothing other than the snake god, protector of the Earth.
     But Chiloe is also palafitos (houses built on piles) and numerous and diverse wood churches, 16 of them being part of Unesco worldwide patrimony. Our host Claudio, a really nice guy, told us about everything we had to see in the archipelago (and also about Chilean politics, for our biggest pleasure of course). We particularly liked Qinchao island, whose quietness and simplicity give the feeling of being in the 19th century and whose landscapes look like Wales.
     Despite their stillness, island villages are far of being austere. On the contrary, they seem to have a hiden energy made of specific beliefs, and a strong local culture. As Ivan told us (an architecture student we interviewed), Minga is still practiced on Chiloe. Minga is a working system of Mapuche origin based on reciprocity and solidarity.
     And because culture can be experienced also through food, we tried curanto (que rico !), Chilote specialty based on seafood, potatoes, and smoked meat. As for el licor de oro, i will simply say that…we tried it, and it is already enough !
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Mercredi 16 mai 2007

Après ces quelques jours mémorables dans le somptueux parc de Torres del Paine, nous reprenons notre route... route ou plutôt mer! C'est en effet par bateau que nous quittons la Patagonie afin d'entamer notre longue remontée du continent.

Navimag, la compagnie que nous choisissons pour effectuer ce périple de plus de 1200 km pour rallier Puerto Mont est en fait une ancienne compagnie de transport maritime qui a choisi de se diversifier dans le transport de passagers depuis une vingtaine d'années (c'est-à-dire depuis le développement du tourisme en Patagonie). Nous qui nous imaginions partir en croisière dans les mers du sud sur un yacht somptueux, quelle n'est pas notre surprise quand nous embarquons et constatons qu'environ 200 boeufs entassés dans des remorques ouvertes sur le pont inférieur seront nos voisins pendant les 4 jours de traversée...


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Qu'à cela ne tienne, après ces 3 jours de trek nous sommes tellement heureux de pouvoir dormir au chaud, nous doucher et manger autre chose qu'une maigre portion de riz que tout nous paraît luxueux et en abondance. 

Et puis, quel voyage inoubliable au coeur de fjords inhabités et au pied de glaciers sous la lumière surnaturelle des couchers de soleil sur le Pacifique. Sans parler de ces nuages qui finissent par se noyer dans l'océan à l'horizon...
 
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Outre ces paysages uniques, la traversée est une expérience humaine prisée par beaucoup d'autres voyageurs de tout âge, toutes nationalités; des suisses, des chiliens, des anglais, australiens, israéliens, allemands, espagnols, hollandais, canadiens, français et même des tasmaniens: il y a vraiment de tout sur ce bateau! Combien d'entre eux nous parlent de leur voyage, de leur tour du monde... comme Rob, ce néerlandais qui nous explique comment une fois arrivé en Nouvelle-Zélande, les douaniers lui interdirent l'accès au pays en le remettant illico presto dans le premier avion...tout ça à cause de la pipe qu'il avait dans ses bagages...

Mais Navimag n'est pas qu'une attraction pour touristes; Felipe, un des seuls chiliens  parmi la quarantaine de passagers à bord, rentre pour sa part chez lui à Viña del Mar (du côté de Santiago) après avoir passé 10 mois à Torres del Paine en tant que guide. Pour cet étudiant en architecture, hors de question de commencer sa carrière à Santiago trop chaotique à son goût (tiens, ça nous rappelle quelques souvenirs...cf article sur Buenos Aires). Une longue et fastidieuse période de recherche d'emploi l'attend...Enfin, à moins d'obtenir une bourse pour effectuer un master à Barcelone (ah, les études, on fait tout pour en sortir mais on se rend vite compte que ça n'est pas si mal...)

Bref, encore une fois à la croisée de chemins, d'expériences, d'aventures si différentes, nous profitons du voyage de chacun pour enrichir le nôtre. On en oublierait presque le mal de mer de Martin, resté confiné dans notre cabine pendant une journée entière le temps de voir se dissiper les humeurs du Pacifique au large du Golfe de Penas...

Et puis quel meilleur dénouement qu'une exaltante partie internationale de bingo ou Manu, après une finale franco-suisse d'anthologie, remporte une bouteille de Syrah chilien...
 

Salud! 

 PS : Les nouvelles photos sont enfin en ligne!  Petite précision après quelques remarques de votre part: elles se trouvent dans la colonne de droite dans "les liens" : Cliquez sur "les photos"...ou cliquez ici maintenant ! 

 

English version:  From Puerto Natales to Puerto Mont..or the Love boat!

After this few memorable days in the beautiful park of Torres del Paine, we are on the road again…road or sea in fact! Indeed it is by boat that we are leaving Patagonia to begin our long trip backing up to the Continent…

Navimag, the sailing company we chose to do this trip of more than 1200 kilometers (745,65 miles)  to Puerto Mont is an ancient maritime transport company which chose around 20 years ago to diversify and transport passengers (it was indeed a time when tourism was beginning to develop in Patagonia). We were thinking we would go for a cruise on the South Sea on a wonderful yacht…guess how surprised we were when we embarked and saw that our sailing mates for our four days crossing were 200 cows cramming together in open boxes on the lower deck…

However, after these three days of trek we were so happy to be able to sleep in a warm place, shower and eat something else than a small portion of rice that everything looked sumptuous and in abundance.

And also, what an unforgettable trip in the heart of unhabited fjords and at the bottom of glaciers flooded with the surpernatural sunset light over the Pacific. Without mentioning these clouds that finish drowning into the ocean on the horizon…

Apart from these unique seascapes, the crossing is a human experience appreciated by many other travelers from any age and any nationality; people from Switzerland, Chile, England, Australia, Israel, Germany, Spain, the Netherlands, Canada, France, and even Tasmania…there is really everything on this boat ! How many of us talk about their travel, their world trip..As Rob, a Dutch boy who explains us that once a time he arrived in New Zealand and customs officers forbade him to enter the country and put him straight away back in the first plane…just because of the pipe he had in his luggage…

But Navimag is not only an attraction for tourists; Felipe, one of the only Chileans among the forty passengers on board, is going back home in Vina del Mar (close to Santiago) after having spent 10 months in Torres del Paine as a guide. For this student in architecture, no way to begin his career in Santiago, which he finds too chaotic (by the way, it reminds us of something…see article about Buenos Aires). A long and fastidious search for employment is waiting for him…except if he gets a scholarship to do a master in Barcelona (hey studies…we do everything to finish them but we soon realize that it was not that bad)…

So, once again at the crossing of so diverse paths, experiences, and adventures, we take the most of each one’s travel to make ours richer…It would almost make Martin forget how seasick he was, spending an entire day in our cabin, waiting for the Pacific mood to calm down, far from Penas' Gulf…
 
And what a better ending for such a trip than an exciting international game of bingo in which Manu, after a Swiss-French final game that will remain in history, wins a bottle of Chilean Syrah…
Salud!
 

PS : New pictures are finally online! Just some details after getting some remarks of you: pictures are in the right column in the “links” part: click on “les photos” (the pictures)….or click here now!

 

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Vendredi 11 mai 2007

   Non, les Torres del Paine ne signifient pas les "tours de la douleur", contrairement à ce que pourraient croire quelques anglophones un peu pressés. En revanche, il faut tout de même un certain effort physique pour apprécier les tours sous leur plus beau jour, car pour accéder au mirador qui permet cette vue imprenable, il faut gravir des sentiers glissants, enneigés, rocailleux etc . . .Et avec un sac de 15 kgs sur le dos, la tâche n'est pas facilitée . . . Loin de nous plaindre, nous avons au contraire trouvé l'aventure très excitante. Partis à 5h du mat' en 4x4 avec deux autres français, nous sommes arrivés au parc un peu avant le lever du jour. C`est une sensation très exaltante de partir en randonnée au petit matin avec un sac bien chargé sur le dos et de se dire : maintenant les choses sérieuses commencent !

 

 

 

torres1.JPG 

 

 

Quelques passages furent en effet éprouvants, surtout pour les deux bloggeurs, dont c'était le baptême de trek. Mais passées ces difficultés, on savoure d'autant plus ces petits chemins de sous-bois dans les montagnes, qui permettent de profiter de la beauté des environs, qu'il s'agisse de lagunes turquoises, de cascades ou bien encore de sommets enneigés. Mais le clou du spectacle (et c'est d'ailleurs pour ça qu'on était venus) reste les fameuses Tours du Paine évoquées plus haut. Après plusieurs heures d'ascension, notre émerveillement est assez considérable lorque nous découvrons ces tours. Leur taille, leur couleur ocre, le fait qu'elles se détachent très nettement dans l'horizon, tout ça contribue au côté unique de l'endroit.

 

torres-2.JPG 

 

 

Après les Tours nous installons notre tente dans un campement assez rudimentaire où nous avons même eu l'audace de faire un feu. Ah, camping , quand tu nous tiens ! Vive les joies d'une soirée au coin du feu loin de toute civilisation ! Vive aussi la fraternité et l'amitié entre voyageurs autour d'un vin chilien . . .

Le jour suivant, vu les distances à parcourir, nous sommes plus flemmards et plus réalistes et décidons de remonter en voiture pour sauter de miradors en points de vue, de points de vue en panorama en passant en revue les autres sites du parc. Progrès par rapport à la veille, nous avons dans la soirée fait chauffé le vin et avons fait cuire nos pâtes dans la maison tout confort d'un gardien du parc, nous qui habituellement sommes d'authentiques hommes de caverne ! Une ultime promenade dans ce parc nous permettra d'observer d'énormes blocs de glace flottant à la surface d'un lac. Après ces quelques jours en terre sauvage, nous avions bien mérité un retour au 21è siècle et à ses joies numériques . . . 



English version : Torres del Paine Park

No, Torres del Paine does not mean « Suffering towers », contrary to what some English-speaking people could think in a hurry. However, you still need a quite important physical effort to appreciate the towers at their best, because to access the mirador from which you can have an unobstructed view, you have to hike on slippery paths, full of snow, rocks, etc… And with a 15 kilos backpack (33 pounds), it doesn’t help…But far from complaining, we found in fact this adventure really exciting. We leaved at 5 am with two other French people, and arrived in the park at dawn. It is a really exciting feeling to go hiking in the very early morning with a really full backpack and to think : now, serious things begin !
 
Parts of the way were really exhausting, especially for our two bloggers, whose first trek it was. But after getting over these difficulties, you enjoy even more these little paths in the mountain’s underwood which make you appreciate the surrounding beauty, whether turquoise lagoons, or waterfalls, or even snowbowned heights. But the best of all (and in fact we came for that) are the famous Torres del Paine that we evoked above. After several hours of climbing, we were significantly amazed when we discovered these towers. Their size, their ocher color, the fact that they are so clearly striking in the horizon, all that makes this place unique.
 
After the towers, we settled our tent in a quite rudimentary camping where we even dared make a fire. Oh, camping, when you hold us ! How great is an an evening around the fire, far from any civilisation ! How beautiful are fraternity and friendship between travellers around a Chilean wine…

The next day, when we think at all the distances to walk, we are lazier and more realistic, and decide to go by car to jump from one mirador to another viewpoint, from a viewpoint to a panorama, without forgetting to see other places of the park. Progress in comparison with the day before, this evening we warmed up the wine and cooked our pasta in the comfortable house of a ranger, we that usually are authentic cavemen ! A last walk in the park made us observe enormous ice blocks floatting on a lake surface. After these few days in a wild area, we really deserve to come back to the 21st century and its digital joys…
 

 

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Lundi 7 mai 2007

En général, quand on pense au mois de mai en France, on l'associe aux arbres en fleurs, au muguet, aux premières chaleurs de journées de plus en plus longues, bref au printemps. Mais un voyage n'est-il pas le meilleur moyen de se débarasser de ses préjugés, de toutes ces idées préconçues que nous avons?

Effectivement, se retrouver à Punta Arenas (située à l'extrême sud du Chili ,une des villes les plus australes au monde) à cette période de l'année revêt une toute autre signification : le mois de mai dans cette ville se trouvant aux confins du détroit de Magellan, c'est plutôt un vent glacial et des températures qui descendent quotidiennement en dessous de zéro...


Et pourtant, Punta Arenas, point de passage privilégié des bateaux en route pour la Californie au moment de la ruée vers l'or, est loin de manquer de vitalité. Ses 120 000 habitants,