Non seulement nous revenons donc au point de depart mais c'est malade que je me retrouve a Salta ou la temperature a d'ailleurs baisse de 25 degres
depuis la derniere fois pour revenir a des temperatures plus de saison. Ca m'a tout l'air d'etre une bonne grippe : sans doute la consequence des violents changements de temperature comme
quoi le dereglement climatique est vraiment global!
Peu importe, je me dis que c'est l'histoire de quelques jours avec les medicaments que j'ai achetes en vitesse a Salta.
Notre deuxieme tentative pour franchir la Cordillere est plus fructueuse. La neige a fondu et nous finissons par arriver a San Pedro de Atacama, petit village situe a 2500m d'altitude au milieu
de nulle part, enfin plutot au milieu du desert le plus aride du monde : le desert d'Atacama : 30 degres a l'ombre pendant la journee et -10 la nuit !
Repere de backpackers du monde entier, le lieu en soit n'a pas tellement d'interet si ce n'est d'etre le point de depart d'innombrables excursions. Ainsi, pendant que je prendrai une journee de
convalescence, Martin aura l'occasion de visiter la fameuse vallee de la Lune...enfin la 3eme du meme nom depuis le debut du voyage!
Le lendemain, nous quittons definitivement le Chili pour 3 jours d'expedition en jeep dans le parc du Salar d'Uyuni, un desert de sel s'etendant sur plus de 12000 km2. A partir de la, c'est deux
voyages differents que nous ferons Martin et moi : lui aura la chance de decouvrir les charmes de ce lieu exceptionnel, envoutant, reunissant lagunes multicolores, geysers bouillonants, paysages
martiens tout droit sortis d'un tableau de Salvador Dali sans oublier l'epoustouflant desert de sel de sol blanc craquele s'etendant a perte de vue. En revanche, pour moi, ce ne
seront ni guanacos, ni flamands roses, ni lamas qui marqueront ce periple inoubliable mais plutot fievre, quinte de toux, vertiges et autre mal de tete insupportable.... Je ne
m'etenderai pas sur le sujet mais je garde encore des souvenirs memorables de cette nuit passee au refuge a 5000m d'altitude a -15 degres (tout ca dans une piece non chauffee por supuesto) ou
malgre mes 3 couvertures, mon sac de couchage et mon manteau, mes voisins de chambree ont du m'entendre claquer des dents une bonne partie de la nuit....
Doliprane, Ibuprofene jusqu'au curatives feuilles de coca, tout y passe mais aucune amelioration!
Grippe tenace ou soroche (le fameux mal des montagnes), pas moyen de savoir ce que j'ai mais c'est en tous cas epuise que j'arrive a Uyuni, notre premiere etape bolivienne. La encore, le
depaysement est total : des cholas (femmes indiennes portant le costume traditionnel depuis l'arrivee des espagnols) et leur fameux chapeau melon, des innombrables stands de rue ou l'on trouve
nourriture, vetements, appareils electroniques etc...des routes de terre ou il vaut mieux solidement s'accrocher, des enfants et parfois meme adultes urinant directement sur les trottoirs et
enfin cette population presque integralement indienne (principalement d'origine quechua ou aymara) dont l'esperance de vie ne depasse pas les 60 ans (avec la retraite a 65
ans...) et vivant dans des conditions beaucoup beaucoup plus precaires qu'au Chili ou en Argentine, voici le spectable auquel nous assistons lorsque nous arrivons a Uyuni. Bienvenido en
Bolivia!, le pays le plus pauvre d'Amerique du Sud mais peut etre egalement comme le disent certains, egalement le plus authentique.
On partira le soir meme a Potosi ou l'on arrivera en pleine nuit. C'est ainsi qu'a 3 heures du matin par un froid polaire, extenues par les derniers jours, nous nous mettons en quete d'un hotel.
On s'apercevra vite que chaque pas dans cette ville, la plus haute du monde a plus de 4000m d'altitude est une veritalbe epreuve. Apres une heure de recherche epuisante, nous finissons par
trouver une chambre! Soulagement....
Lendemain, premiers contacts avec le milieu medical bolivien. Apres analyse de sang et une attente interminable, le verdict tombe : c'est une salmonellose que j'ai la chance d'avoir! Ou l'ai-je
attrappe? Au Chili, en Argentine ou en Bolivie?? Mystere...Dans tous les cas, repos force pendant plusieurs jours et regime d'antibiotiques! Apres 3 jours, je me sens un peu mieux et j'en profite
pour visiter les fameuses mines d'argent de la ville. La visite est eprouvante : pendant 3 heures, c'est une plongee dans les tenebres. Dans un couloir d'environ 1m de large sur 1 a 2m de
hauteur, je decouvre le quotidien de ces hommes et enfants qui travaillent dans des conditions plus que deplorables, ou les mesures de securite sont quasi inexistantes, tout ca pour moins de
100 dollars par semaine.... Dans ces interminables galeries creuses depuis le XVIeme siecle dans le Cerro Rico, l'obscurite, le manque d'oxygene et une chaleur etouffante (plus de 45 degres) se
font sentir a chque pas. Dans cet enfer, les mineurs dont l'esperance de vie depasse rarement les 45 ans (du fait notamment de la silicose qui frappe la majorite d'entre eux apres
10 ans de travail dans la mine) mastiquent constamment une importante quantite de feuilles de coca afin de soulager et d'attenuer peine, fatigue et douleurs.
Difficile d'imaginer que Potosi fut un jour la ville la plus riche et peuplee au monde et que ces fameuses mines permettaient au Royaume d'Espagne de financer ses guerres et conquetes...au prix
du sacrifice de 8 millions de mineurs tout au long des 3 siecles de colonisation.
Nous laissons le froid de Potosi derriere nous pour redescendre a 2700m d'altitude et decouvrir avec joie le micro climat beaucoup plus chaleureux de Sucre, supposee etre la plus belle ville
du pays. A l'arrivee, nous ne sommes pas decus : "la ville blanche", "le Paris des Andes" ou encore "l'Athenes des Ameriques" est une magnifique ville coloniale ou musees, eglises, dedales de
ruelles plus charmantes les unes que les autres sont en abondance. Capitale du pays dans la Constitution, Sucre affiche une certaine opulence qui tranche radicalement avec ce qu'on a vu
jusqu'ici.
Malheureusement pour moi, je n'aurai pas vraiment la chance d'approfondir la visite. Le lendemain de notre arrivee, mon mal de tete est si fort que j'arrive a peine a tenir debout. Direction
l'hopital le plus proche ou je decouvre apres une nouvelle analyse de sang que la salmonellose n'a pas faibli bien au contraire...Seule solution si je veux eviter des complications :
l'internement pendant plusieurs jours! Je suis encore une fois fou de joie mais n'ai pas vraiment le choix. Point positif : il y a un autre lit dans la chambre pour les proches ou amis...
Martin aura donc la chance de partager les plaisirs de l'hebergement hospitalier bolivien avec moi!! Heureusement qu'il est la d'ailleurs car ici, les patients doivent eux memes acheter les
medicaments prescrits par le medecin... tellement pratique surtout quand on est sous perfusion!
Apres 3 jours semblant durer une eternite, je suis enfin libre! L'infection est sous controle, je peux enfin prendre une douche!
Petite parenthese, cette mesaventure m'aura tout de meme coute l'equivalent de 300 euros...diffcile voire impossible pour beaucoup de boliviens de se payer un tel luxe...
Soulage comme jamais, les 14 heures de car de nuit pour se rendre a la Paz ne seront qu'une formalite: Malgre toutes les incertitudes
habituelles, les petites tracasseries quotidiennes liees au voyage, je sais au moins que je ne feterai pas mon anniversaire sous perfusion... Un cadeau en soit!
Cette nuit la, les etoiles scintilleront d'ailleurs plus que jamais!!
From Salta to Sucre, a salmonellosis journey
Not only do we return to our starting point but it is as a sick man that I am back in Salta, where, by the way, the temperature has dropped by 25° Celsius since we were last here and is back to more normal seasonal temperatures. I'm quite certain it's the flu: no doubt the consequence of drastic temperature changes, proof if need be that the climate has really gone wrong globally.
No matter, I'm convinced it's only a question of days with the medicine I've bought in a hurry in Salta.
Our second attempt to cross the Cordillera is more successful. The snow has melted and we end up arriving in San Pedro de Atacama, a small village situated at 2500 meters in the middle of nowhere, or should I say, in the middle of the most arid desert in the world : the Atacama desert, 30° Celsius in the shade during the day and minus10 during the night !
Meeting point of backpackers from all over the world, the place in itself isn't of much interest except for the fact that it's the starting point for innumerable excursions. So, while I spend the day convalescing, Martin will have the chance to visit the famous Valley of the Moon... well, the third one with the same name since the beginning of our journey !
On the next morning, we leave Chile for good on a 3 days jeep expedition in the Salar d'Uyuni Park, a salt desert stretching over more than 12 000 square kms. From thereon, Martin and I will make two different trips : he will be lucky enough to discover the charms of this exceptional, bewitching place consisting of multicolored lagoons, bubbling geysers, martian landscapes right out of a Salvador Dali picture, not to mention the breathtaking white cracked soil salt desert going on for ever .But for me, no guanacos, no pink flamingos, no lamas to make this journey unforgettable but rather fever, coughing fits, dizziness and all sorts of unbearable headaches.... I will not dwell on this subject but I still have unforgettable memories of the night we spent in a mountain lodge at 5000 meters minus 15° Celsius (all this in an unheated room por supuesto) where in spite of 3 blankets, my sleeping bag and my anorak, my room mates probably heard my teeth chattering most of the night ...... I try everything, paracetamol, ibuprofene, even curative coca leaves but no improvement !
Bad flu or « soroche » (the well known altitude illness), impossible to know but in any case I arrive exhausted in Uyuni, our first stop in Bolivia. There again, the feeling of strangeness is total : « cholas » (Indian women wearing the traditional costume ever since the arrival of the Spanish) and their famous bowler hats, innumerable street stalls where one can find food, clothes, electronic equipment, etc....dirt roads where you better hold on tight, children and sometimes even adults urinating directly on the pavement and finally this almost totally Indian population (mainly of Quechua or Aymara origin) whose life expectancy doesn't exceed 60 years old (with retirement age at 65....) and living in far worse conditions than in Chile or Argentina, this is the sight we meet with when we arrive in Uyuni. « Bienvenudo en Bolivia », the poorest country in South America but also maybe, as some say, the most authentic one as well.
We leave the same evening for Potosi where we arrive in the middle of the night. So, this is how at 3 am, in the freezing cold, exhausted by the last few days, we start looking for a hotel. We realize very quickly that each step in this town, the highest in the world at 4000 meters, is a real ordeal. After an exhausting one hour search, we end up finding a room ! What a relief....
Next morning, my first contact with the Bolivian medical environment. After a blood test and a never ending wait, the verdict falls : I'm the lucky carrier of a salmonella poisoning. Where did I catch it ? In Chile, Argentina or Bolivia ? It's a mystery......In my case, it's a compulsory rest for several days and an antibiotic diet ! After 3 days, I feel a little better and I take the opportunity to visit the famous silver mines of the town. The visit is trying : during 3 hours it's an immersion in darkness. In a corridor of about 1 meter wide and 1 to 2 meters high, I discover the everday life of these men and children who work here in deplorable conditions with practically no safety measures and all this for less than a 100 dollars per week..... In these never ending galleries dug in the Cerro Rico since the 16th century, darkness, one experiences lack of oxygene and a stiffling heat (more than 45° Celsius) at every step. In this hell, the miners, whose life expectancy seldom exceeds 45 years old (mainly because of silicosis which affects most of them after 10 years work in the mine) constantly chew an important quantity of coca leaves in order to relieve and alleviate the harship, tiredness and suffering. It's hard to imagine that Potosi was once the richest and most populated town in the Americas and that these famous mines enabled the Kingdom of Spain to finance its wars and conquests..... at the cost of the sacrifice of 8 million miners throughout the 3 centuries of colonisation.
We leave Potosi and the cold behind us and go back down to 2700 meter to discover with such pleasure the warmer micro-climate of Sucre, which is supposed to be the most beautiful town in the country. On our arrival, we are not disappointed : « the white city », « the Paris of the Andes » or « the Athenes of the Americas » is a magnificent colonial town where museums, churches, mazes of small streets, each one more charming than the other, are plentiful. Sucre, capital of the country in the constitution, shows a certain opulence which differs radically from what we have seen up till now.
Unfortunately for me, I won't really have the chance to visit much. On the morning after our arrival, I have such a strong headache that I can barely manage to stand. And so I head straight to the nearest hospital where, after à new blood analysis, I discover that the salmonellosis hasn't weakened, quite the opposite.... If I want to avoid any further complications, the only solution is hospitalization during several days ! Once again I'm full of joy but I don't really have the choice. A posivitive point : there is another bed in the room for family or friends....So Martin will be lucky enough to share the pleasures of Bolivian hospital lodgings with me !!! Moreover, it's a good thing he is with me for, here, patients must themselves buy the medicine prescribed by the doctor.... so handy especially when you're on a drip ! After 3 days which seem to last forever, I am free at last ! The infection is under control, I can now take a shower !
Small digression, this misfortune has cost me the equivalent of 300 euros..... difficult, if not impossible, for most Bolivians to pay such luxury ....
I feel so relieved that even the 14 hours bus journey to get to La Paz seems only a formality : in spite of all the usual uncertainties, the small everyday worries of the journey, I know at least that I won't be celebrating my birthday on a drip.... a present in itself !
By the way, on this night, the stars will shine more brightly than ever !!

Palmiers de Salta la Linda
Le penseur de l'infini ( a Quilmes)
Les deux compadres dans la "ventana" a
Cafayate
Instant d'eternite a Tafi
del Valle...
Manu et Josefina a Tucuman