Blaise Cendrars écrivit un jour : " il n'y a plus que la Patagonie qui convienne à mon immense tristesse". Nous devons reconnaître (et sans
remettre en question cette très belle phrase de Mr Cendrars) qu'après 20h de bus nous faisant parcourir presque toute l'Argentine d'est en ouest, c'est plutôt avec une immense joie que nous
découvrons les paysages à couper le souffle de cette région enchanteresse.
Bariloche, première étape de notre périple patagonien, au pied de la Cordillère des Andes, est sans aucun doute une des plus célèbres stations de
ski de l'Argentine et de toute l'Amérique du Sud. Y viennent non seulement les touristes argentins (qui en ont les moyens), européens et américains las des trop "classiques" Alpes, Pyrénées,
Rocheuses ou autre Sierra Nevada mais également des touristes sud-américains dont beaucoup découvrent les joies de la neige pour la première fois.
Difficile de ne pas tomber sous le charme de cette ville aux allures de village suisse. Et comme dans toutes les villes précédentes, les gens
que nous rencontrons affichent une générosité, une curiosité et un désir de nous transmettre l'amour sans commune mesure qu'ils ont pour leur pays. Ainsi ce couple de retraités de Cordoba,
rencontrés totalement par hasard en leur demandant un renseignement, qui finissent par nous emmener avec eux pour découvrir quelques-uns des magnifiques paysages du parc Nahuel
Huapi.
Ils nous expliquent par la même occasion qu'on ne cultive plus le blé ou le maïs dans les vastes plaines du pays mais...le soja, destiné aux marchés florissants d'Amérique du Nord et aujourd'hui
surtout d'Asie. Le soja rapporte en effet beaucoup plus mais rend les terres incultivables... Alors, le soja serait-il le pétrole de l'Argentine?... Enfin, c'est avec fierté qu'Avelardo nous
parle de ses origines espagnoles comme pour nous rappeler qu'en Argentine, l'Europe n'est pas considéré comme le "vieux continent" mais comme" le premier monde".
Parenthèse refermée sur cette rencontre fort sympathique, les 4 jours passés à Bariloche nous ont permis de profiter pleinement de la nature avec des randonnées, ballades en
vélo mais surtout un baptême de cabalgata (excursion à cheval) à 1500m d'altitude, au-dessus des nuages, avec la Cordillère des Andes comme
cadre...
Revers de la médaille (et si je peux me permettre d'émettre une légère critique), Bariloche dont l'essentiel des revenus provient du tourisme, manque un peu d'authenticité : ici, nous avons
l'hôtel Chamonix, le chalet suisse, le pub Wilkenny, sans parler des gens qui nous parlent systématiquement en anglais quand ils voient que nous ne sommes pas du coin (c'est-à-dire tout le
temps malgré nos efforts intenses pour améliorer notre castellano...). On en oublierait presque que nous sommes en Argentine. Ce n'est qu'en quittant la ville où les chalets en bois du
centre ville laissent soudainement la place aux baraquements en tôle d'un immense bidonville (encore ces villas miserias présentes a la périphérie de le plupart des villes...) que la
réalité nous rattrappe brutalement...
Villa miseria en sortant de Bariloche - Villa miseria at the border of Bariloche’s town
PS : Nous en profitons au passage pour dire un GRAND MERCI à Anne qui nous aide tous les jours à vous faire partager notre
aventure et qui traduit notamment tous nos articles en anglais ! (et non, ce n'est pas nous...)
English version: Patagonia
One day, Blaise Cendrars (Swiss-French writer from 20th century) wrote: « Only Patagonia suits my sadness ». We have to admit (without putting into question this really beautiful
sentence from Sir Cendrars) that after 20 hours of bus making us travel through almost all Argentina from East to West, it’s in fact more with an immense joy that we discover these bewitching
region’s breathtaking landscapes.
Bariloche, first stop of our Patagonian trip, at the bottom of the Great Cordillera, is without a doubt one of the most famous ski
resort of Argentina, and even of South America. Not only Argentinian tourists (wealthy ones), European and American ones, tired of too « common » Alps, Pyrenees, Rockies or other Sierra
Nevada, but also South American tourists come here, some of them discovering for the first time the snow delights.
It is difficult not to fall under the spell of this city which looks like a Switzerland village. And as in all the former towns, people we meet are generous, curious and full of desire of sharing with us the endless love they have for their country. As for example this retired couple from Cordoba that we met totally by haphazard when we asked for some information and who finally took us with them to discover some of the most beautiful landscapes of Nahuel Huapi’s park.
They seized this opportunity to explain us that it is not wheat neither corn which is cultivated in these huge country plains but…soja, cultivated for the prosperous Northern American market and also today for the Asian one. In fact, soja is more profitable, but makes the earth untellable…So, is soja Argentina’s petrol?... However, it is proudly that Avelardo told us about his Spanish origins as for reminding us that in Argentina, Europe is not considered as the “old continent” but as “the first world”.
We would even forget that we are in Argentina. It is only by leaving the town, when the center town’s wood chalets lets place to the iron houses of a huge favella (again these “villas miserias” situated at most town’s periphery…) that reality strikes us the most…
