
Voilà, cela fait maintenant déjà plus de deux semaines que je suis rentré à Paris (pour ceux qui n'étaient pas encore au courant et qui pensaient
peut-être que je n'allais jamais revenir dans notre bonne vieille France).
Alors bien entendu, je pourrais vous dire à quel point c'est étrange d'être ici après 10 mois dans un monde, dans des mondes totalement différents mais je préfère remettre ça à plus tard en
revenant tout d'abord à la fin des aventures...d'autant plus que mon dernier article remonte à il y a (déjà) plus d'un mois...d'où encore pas mal de choses à raconter...
Donc, replaçons-nous un peu dans le contexte...C'est la mi-décembre...et j'arrive à Bogota venant du nord du pays ou il faisait jusqu'ici chaud voire
très chaud... A l'arrivée dans cette mégalopole de 8 millions d'habitants, le choc est là!! Déjà, il tombe sans arrêt des trombes d'eau (ce qui inonde presque immédiatement toutes les chaussées),
la ville me semble grise à en pleurer et, en plus, il fait beaucoup plus froid (2600m obligent) que dans les autres villes que j'avais visitées auparavant...Du coup, j'ai comme un aperçu
d'un mois de décembre d'une autre ville beaucoup plus familière que je ne citerai pas...
Bref, à première vue, je ne suis pas franchement emballé... en plus, je m'y suis pris un peu tard dans l'envoi de mes mails à des personnes d'hospitality club, du coup, personne ne peut
m'héberger...et tous les hôtels bon marchés, auberges de jeunesse sont complets (la période précédant noël attirant des masses de Colombiens de tout le pays pour faire du tourisme et
shopping dans la capitale)...donc mes premières nuits, en plus d'être assez froides (oui, c'est peut-être le fait d'être revenu qui me fait dire ça, mais même à 2600m d'altitude et comme
dans n'importe où en Amérique du Sud, oubliez le chauffage...) seront assez coûteuses.
En me balladant les premiers jours, je comprends effectivement pourquoi les Colombiens disent que Bogota et les Rolos (de Bogota) sont réputés pour être plus froids, plus stressés, plus distants
comparés au reste de la population...Personne ne se met à vous parler pour vous demander d'où vous venez, ce que vous faites, etc...dans un des bus du fameux transmilenio
(système "ultramoderne" de bus de la ville qui a failli me rendre fou le premier soir où je l'ai utilisé), pas de musique à chaque coin de rue, et une circulation
infernale en prime qui ne désemplit que tard dans la nuit... Comme n'importe quelle capitale, malgré ses spécificitées, Bogota, reste beaucoup plus cosmopolite et internationale que les
autres villes.
Mais, après deux jours passés un peu en solitaire à pester contre la capitale de ce pays qui m'avait jusqu'ici tellement enchanté, je finis par faire
des rencontres intéressantes. Tout d'abord, Nohora, cette Cartagenera faisant ses études de littérature médiévale au sein de la meilleure université publique de Colombie : la Universidad
Nacional. Passionnée, elle est également passionnante à écouter même si je dois admettre que, mis à part François Villon ou Umberto Eco, je ne peux que très peu alimenter le
débat quand elle me parle de ses lectures...Ensemble, nous en profitons pour visiter le très beau village colonial de Zipaquira où se situe l'extraordinaire cathédrale de sel
construite au sein même de la mine de sel...

Le lendemain, alors que nous déjeunons dans un petit restaurant d'arépas (pain de maïs garni de jambon, fromage, oeuf etc...), nous rencontrons un nouveau "personnage"... Mauricio...architecte,
d'une quarantaine d'années faisant toutefois beaucoup plus jeune avec son survêtement aux couleurs de Liverpool, je le prends d'abord pour le gérant du restaurant. Mais, après avoir pris
notre commande, il nous apprend qu'il n'est en fait là que pour rendre service a la "vraie" propriétaire du lieu, amie de longue date... Et, pendant 4 heures, se met à nous raconter une
histoire passionnante, un peu invraisemblable parfois, totalement farfelue la plupart du temps...sa vie! ou plutot des bribes...
Alors entre l'histoire d'une voisine, ancienne responsable financière des FARC travaillant aujourd'hui avec la DEA (drug enforcement administration) qui lui aurait révélé un peu
accidentellement où serait cachée en pleine jungle une mallette remplie des millions de dollars de la vente de la drogue servant à financer les guerrilleros...ou son emprisonnement
(vacances selon lui) suite à une erreur judiciaire dans une prison dorée (avec piscine etc..) où tout s'achète et d'où il aurait monté avec un collègue tôlard italien un business de hamacs
revendus à plusieurs clubs de série A...nous sommes servis! ce n'est plus un petit restaurant mais un véritable café théatre...
Enfin...je finis par rentrer en contact par Hospitality avec Diego, qui me propose très gentiment de m'héberger le temps qui me reste à Bogota. Encore une fois, c'est un accueil de luxe auquel
j'ai droit! Diego, d'environ 28 ans, est un jeune cadre (super dynamique) travaillant dans une boite de pub. C'est la dernière semaine avant les vacances de noël et le budget pour 2008 de
son entreprise est à boucler pendant les jours où je suis là d'où des journées remplies de réunions à n'en plus finir pour lui...Malgré cela, on sortira presque tous les jours à la
découverte de cette capitale finalement beaucoup plus intéressante que ce que ma première impression m'avait laissée. Entre son magnifique coeur historique, sa vie culturelle, ses
nombreux musées, ses universités (les plus prestigieuses en Colombie), son Montserrate d'où on s'aperçoit à quel point la ville est gigantesque et enfin tous les jeux de lumières des
périodes de fête, Bogota est loin de ne pas avoir d'atouts... Mais comme je l'ai déjà dit plus haut, et comme c'est bien souvent le cas dans une capitale, Bogota reste très différente du reste du
pays... jusqu'à la musique diffusée sur les radios ou dans les bars ou discothèques, beaucoup plus américaine ou européenne.
Du haut du Montserrate...
De l'autre côté, c'est sympa également...
L'artère commerciale
Avec Diégo
Avec tout le monde!!!
Bogota a beau être beaucoup plus à la mode "occidentale", il reste des choses pour lesquelles on sent qu'on est encore en Amérique du sud... Après près de 9 mois d'utilisation de mes baskets qui
m'ont quand même permis d'arriver jusqu'ici en subissant la pluie, la boue, le vent, la neige, le sable...elles ne ressemblent vraiment plus à rien comme vous pouvez le voir sur la photo... J'ai
même depuis plusieurs semaines vraiment très honte à chaque fois que je sors...Mais j'ai une bonne excuse qui est en même temps un sacré handicap quand on habite dans cette partie du monde...je
fais du 45...non il n'y a pas de discrimination envers les personnes faisant du 45 mais c'est surtout totalement IMPOSSIBLE de trouver chaussure à son pied... les pointures s'arrêtant en générale
à 43 ici... Bref, je me force tout de même toute une après midi à aller à la recherche du graal en me rendant dans LE quartier de Bogota où il y a le plus d'offres avec toutes les grandes marques
que l'on retrouve partout... Après 2 heures de recherche, je finirai par trouver un modèle à ma taille...et après le double de temps, une paire mettable (en tout, la 4ème paire en
45...)
Bon, oui...C'est un peu la honte....
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