Mardi 26 février 2008

Voilà, cela fait maintenant déjà plus de deux semaines que je suis rentré à Paris (pour ceux qui n'étaient pas encore au courant et qui pensaient peut-être que je n'allais jamais revenir dans notre bonne vieille France). 
Alors bien entendu, je pourrais vous dire à quel point c'est étrange d'être ici après 10 mois dans un monde, dans des mondes totalement différents mais je préfère remettre ça à plus tard en revenant tout d'abord à la fin des aventures...d'autant plus que mon dernier article remonte à il y a (déjà) plus d'un mois...d'où encore pas mal de choses à raconter...

Donc, replaçons-nous un peu dans le contexte...C'est la mi-décembre...et j'arrive à Bogota venant du nord du pays ou il faisait jusqu'ici chaud voire très chaud... A l'arrivée dans cette mégalopole de 8 millions d'habitants, le choc est là!! Déjà, il tombe sans arrêt des trombes d'eau (ce qui inonde presque immédiatement toutes les chaussées), la ville me semble grise à en pleurer et, en plus, il fait beaucoup plus froid (2600m obligent) que dans les autres villes que j'avais visitées auparavant...Du coup, j'ai comme un aperçu d'un mois de décembre d'une autre ville beaucoup plus familière que je ne citerai pas...
Bref, à première vue, je ne suis pas franchement emballé... en plus, je m'y suis pris un peu  tard dans l'envoi de mes mails à des personnes d'hospitality club, du coup, personne ne peut m'héberger...et tous les hôtels bon marchés, auberges de jeunesse sont complets (la période précédant noël attirant des masses de Colombiens de tout le pays pour faire du tourisme et shopping dans la capitale)...donc mes premières nuits, en plus d'être assez froides (oui, c'est peut-être le fait d'être revenu qui me fait dire ça, mais même à 2600m d'altitude et comme dans n'importe où en Amérique du Sud, oubliez le chauffage...) seront assez coûteuses. 

En me balladant les premiers jours, je comprends effectivement pourquoi les Colombiens disent que Bogota et les Rolos (de Bogota) sont réputés pour être plus froids, plus stressés, plus distants comparés au reste de la population...Personne ne se met à vous parler pour vous demander d'où vous venez, ce que vous faites, etc...dans un des bus du fameux transmilenio (système "ultramoderne" de bus de la ville qui a failli me rendre fou le premier soir où je l'ai utilisé), pas de musique à chaque coin de rue, et une circulation infernale en prime qui ne désemplit que tard dans la nuit... Comme n'importe quelle capitale, malgré ses spécificitées, Bogota, reste beaucoup plus cosmopolite et internationale que les autres villes.

Mais, après deux jours passés un peu en solitaire à pester contre la capitale de ce pays qui m'avait jusqu'ici tellement enchanté, je finis par faire des rencontres intéressantes. Tout d'abord, Nohora, cette Cartagenera faisant ses études de littérature médiévale au sein de la meilleure université publique de Colombie : la Universidad Nacional. Passionnée, elle est également passionnante à écouter même si je dois admettre que, mis à part François Villon ou Umberto Eco, je ne peux que très peu alimenter le débat quand elle me parle de ses lectures...Ensemble, nous en profitons pour visiter le très beau village colonial de Zipaquira où se situe l'extraordinaire cathédrale de sel construite au sein même de la mine de sel... 

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Le lendemain, alors que nous déjeunons dans un petit restaurant d'arépas (pain de maïs garni de jambon, fromage, oeuf etc...), nous rencontrons un nouveau "personnage"... Mauricio...architecte, d'une quarantaine d'années faisant toutefois beaucoup plus jeune avec son survêtement aux couleurs de Liverpool, je le prends d'abord pour le gérant du restaurant. Mais, après avoir pris notre commande, il nous apprend qu'il n'est en fait là que pour rendre service a la "vraie" propriétaire du lieu, amie de longue date... Et, pendant 4 heures, se met à nous raconter une histoire passionnante, un peu invraisemblable parfois, totalement farfelue la plupart du temps...sa vie! ou plutot des bribes...
Alors entre l'histoire d'une voisine, ancienne responsable financière des FARC travaillant aujourd'hui avec la DEA (drug enforcement administration) qui lui aurait révélé un peu accidentellement où serait cachée en pleine jungle une mallette remplie des millions de dollars de la vente de la drogue servant à financer les guerrilleros...ou son emprisonnement (vacances selon lui) suite à une erreur judiciaire dans une prison dorée (avec piscine etc..) où tout s'achète et d'où il aurait monté avec un collègue tôlard italien un business de hamacs revendus à plusieurs clubs de série A...nous sommes servis! ce n'est plus un petit restaurant mais un véritable café théatre...

Enfin...je finis par rentrer en contact par Hospitality avec Diego, qui me propose très gentiment de m'héberger le temps qui me reste à Bogota. Encore une fois, c'est un accueil de luxe auquel j'ai droit! Diego, d'environ 28 ans, est un jeune cadre (super dynamique) travaillant dans une boite de pub. C'est la dernière semaine avant les vacances de noël et le budget pour 2008 de son entreprise est à boucler pendant les jours où je suis là d'où des journées remplies de réunions à n'en plus finir pour lui...Malgré cela, on sortira presque tous les jours à la découverte de cette capitale finalement beaucoup plus intéressante que ce que ma première impression m'avait laissée. Entre son magnifique coeur historique, sa vie culturelle, ses nombreux musées, ses universités (les plus prestigieuses en Colombie), son Montserrate d'où on s'aperçoit à quel point la ville est gigantesque et enfin tous les jeux de lumières des périodes de fête, Bogota est loin de ne pas avoir d'atouts... Mais comme je l'ai déjà dit plus haut, et comme c'est bien souvent le cas dans une capitale, Bogota reste très différente du reste du pays... jusqu'à la musique diffusée sur les radios ou dans les bars ou discothèques, beaucoup plus américaine ou européenne. 

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Du haut du Montserrate...

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De l'autre côté, c'est sympa également...
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L'artère commerciale

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Avec Diégo

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Avec tout le monde!!!

Bogota a beau être beaucoup plus à la mode "occidentale", il reste des choses pour lesquelles on sent qu'on est encore en Amérique du sud... Après près de 9 mois d'utilisation de mes baskets qui m'ont quand même permis d'arriver jusqu'ici en subissant la pluie, la boue, le vent, la neige, le sable...elles ne ressemblent vraiment plus à rien comme vous pouvez le voir sur la photo... J'ai même depuis plusieurs semaines vraiment très honte à chaque fois que je sors...Mais j'ai une bonne excuse qui est en même temps un sacré handicap quand on habite dans cette partie du monde...je fais du 45...non il n'y a pas de discrimination envers les personnes faisant du 45 mais c'est surtout totalement IMPOSSIBLE de trouver chaussure à son pied... les pointures s'arrêtant en générale à 43 ici... Bref, je me force tout de même toute une après midi à aller à la recherche du graal en me rendant dans LE quartier de Bogota où il y a le plus d'offres avec toutes les grandes marques que l'on retrouve partout... Après 2 heures de recherche, je finirai par trouver un modèle à ma taille...et après le double de temps, une paire mettable (en tout, la 4ème paire en 45...)

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Bon, oui...C'est un peu la honte....



Bogota, que frio !!!! (how cold!!!)
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There, I’ve already been back in Paris for more than two weeks (for those who didn’t yet know and were maybe thinking that I would never come back to good old France).
Well, of course, I could tell you how strange it is to be here after 10 months in another world, in totally different worlds, but I’d rather put it off till later and, first of all, come back to the end of my adventures….all the more so as my last article dates back to (already) more than a month…and there is quite a lot to relate…
 
So, let’s get back to the context… It’s mid-December… and I’ve just arrived in Bogota coming from the North of the country where, up till now, it was hot, indeed very hot… On arrival in this megalopolis of 8 millions inhabitants, what a shock !! First, it’s poring non stop (which floods all the streets quite immediately), the city seems to me desperately grey and, moreover, it’s much colder (2600 meters high) than in the other cities I previously visited. Thus, I get a sort of  glimpse of a December month in another much more familiar city which I will not mention… Anyway, at first, I’m not really thrilled…plus, as I was late in emailing hospitality club contacts,  nobody can put me up… all the cheap hotels and youth hostels are full up (the period preceding Christmas attracts to the capital masses of Colombians from all over the country for tourism and shopping)… so my first nights, on top of being cold (yes, it’s maybe the fact of being back that makes me say this but even at 2600 meters high and like everywhere else in South America, forget the heating…), will be quite expensive.
 
On the first days, walking around, I indeed understand why the Colombians say that Bogota and the “Rolos”(from Bogota) have the reputation of being colder, more stressed, more distant as compared to the rest of the population.. Nobody starts talking to you, asking where you come from, what you do, etc…in one of the famous “transmilenio” buses (“ultramodern” bus system which nearly drove me crazy  the first evening I took it), no music on each street corner, plus a hellish traffic which only starts dying down late at night…   Like all capitals, Bogota, in spite of its specificities, is much more cosmopolitan and international than any other cities.
 
But, after two rather lonely days spent grumbling against the capital of this country which had enchanted me so much until then, I end up making interesting encounters. First of all, Nohora, a “Cartagenera”,  studying medieval literature at the best public university of Colombia: La Universidad Nacional.   Enthusiastic, she is also fascinating to listen to, even though I must admit that apart from François Villon and Umberto Eco, I can very little participate to the conversation when she tells me about her readings…Together, we will visit the very beautiful colonial village of Zipaquira where you can find an extraordinary salt cathedral built right inside a salt mine…
 
The next morning, as we are having lunch in a little restaurant, eating “arepas” (corn bread with cheese, ham, egg, etc), we meet a new “character”…Mauricio…architect, forty something but looking much younger in his track suit displaying the colours of  Liverpool’s football club. At first, I mistake him for the restaurant’s manager. But, after having taken our order, he tells us that in fact he is only here to help the “real” owner of the place, a long time woman friend of his. And, during four hours, he will tell us the fascinating, sometimes a bit incredible,  most of the time completely crazy story…. of his life! Or rather, bribes… So,  between the story of a woman neighbour, formerly in charge of the FARC’s finances, working now with the DEA (US Drug Enforcement Administration) who quite accidentally disclosed where a briefcase full of millions of dollars of drug money for the guerrilleros was hidden in the jungle… or his imprisonment (holidays, according to him) following a miscarriage of justice in a golden prison (with swimming-pool, etc…) where everything could be bought and where, he says, he set up a hammock business with an Italian prison mate, selling those to several football clubs… We are lucky ! It’s not just a little restaurant anymore but a real one man show….
 
At last… I end up, through Hospitality club, meeting Diego who very kindly offers to put me up for the rest of my stay in Bogota. Once more, I’m given a most fantastic welcome ! Diego, who is about 28, is a young (and super dynamic) executive working for an advertising agency. It’s the last week before the Christmas holidays and the budget of their firm for 2008 has to be balanced during the time I’m here, which means days and days of endless meetings for him... Yet, we will go out nearly every day discovering this capital finally much more interesting than the impression I’d got at first. Between it’s lovely historical centre, its cultural life, its numerous museums, its universities (the most prestigious in Colombia), its Montserrate from where you realize how enormous the town is and lastly all its Christmas illuminations, Bogota is far from having no assets…But, as I’ve already said it above, and as it’s often the case for a capital, Bogota is quite different from the rest of the country… up to the music on the radios or in the bars and discotheques, which is much more American or European.
 
Even though Bogota is much more “occidental”, there are things which make you feel you are still in South America… After nine months of heavy use, my shoes, which nevertheless got me here through rain, mud, wind, snow, sand… don’t bear any resemblance to anything as you can see on the photo… I’ve been even rather ashamed for the past few weeks each time I went out… But I have a very good excuse, which  at the same time is a great handicap when you live in this part of the world…I take a size 45… no, there is no discrimination against people taking a size 45 but it’s just that it’s totally IMPOSSIBLE to find, sizes here usually stop at 43…   So, I force myself to spend a whole afternoon to go in quest of the “grail” by going to THE area in Bogota where you can find the biggest choice with all the brands you find everywhere. After searching for 2 hours, I will end up by finding one pair in my size… and after double the time, a decent one (all in all, the 4th pair in size 45).
 
 
par Emmanuel publié dans : Colombia
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