Apres une petite heure d’avion depuis Cuba, le choc en arrivant a Cancun est énorme… Deja, retrouver Antoine, un copain français avec qui on avait prévu de se rejoindre au Mexique, me fait tout drôle… Apres près de 4 mois de voyage en solitaire, sans parler un mot de français, totalement coupé du reste du monde et de la France en particulier, je reprends tout d’un coup contact avec cette réalité… Et chose qui ne m’était pas encore arrive jusque la, certains mots me viennent d’abord en espagnol! Je me souviens encore de ce premier soir ou une heure après mon arrivée à Cancun, nous nous rendons dans ce restaurant ou Antoine me parle de son job en management de risque financier…Je ne peux m’empêcher de sourire a tel point tout ca me parait loin… En même temps, cela me rappelle que le voyage touche tristement a sa fin et que je dois profiter au maximum de mes 20 derniers jours avant de revenir a la réalité…
En dehors de mes retrouvailles avec Antoine, la différence entre le monde communiste de Cuba et le monde ultra capitaliste de Cancun est assez hallucinante. Que dire de Cancun?? Avec ses supermarchés ouverts 24h sur 24, son impressionnant défilé d’hôtels et de restaurants ou vous avec droit a un magnifique “Can I Help you?” avant même de savoir qui vous parle, et bien entendu ses boites de nuits qui ne ferment jamais, on est a des milliers de km de la pénurie alimentaire et de la crise économique et sociale qui frappent Cuba…
Même hors saison, la vie nocturne de Cancun n’est pas une légende comme notre seule soirée dans la ville nous l’aura montrée. Dimanche soir, alors que la saison touristique n’a pas encore commencé, fatigués par nos voyages respectifs, nous rentrons a l’hôtel pour dormir de bonne heure lorsque… a minuit, nous sommes réveillés en sursaut par des bruits sourds a répétition…Les BOUM BOUM que nous entendons ne sont pas des bombes qui dévastent la ville mais viennent en fait de la discothèque d’en face (une des dizaines que comptent la ville)… Cancun ne dort effectivement jamais.
En dehors donc de son aéroport international (qui doit avoir autant de trafic qu’Orly)
qui nous a permis de nous retrouver la, nous ne voyons pas vraiment d’intérêts d’y rester plus longtemps et nous partons le lendemain matin. Direction Tulum, petite village balnéaire (enfin,
selon le routard) en bordure de la mer des caraïbes… Même si Tulum n’est plus le petit village auquel nous nous attendions, le décor est magnifique… Eaux transparentes de couleurs turquoise,
plages de sables blancs entourées de ruines mayas, forets de palmiers, barrières de coraux ou encore les nombreux cenotes (puits naturels qui peuvent atteindre des dizaines de mètres de
profondeur et ou je recommande fortement un baptême de plongée), les plages de Tulum et ses alentours, malgré l’invasion de touristes de tous les continents valent vraiment le détour (en
espérant que vous y arriverez avant la transformation des quelques lieux préservés en capitales internationales du tourisme)!
Malgré notre manque d’enthousiasme à devoir nous en aller, nous reprenons la route. Apres la très agréable détente sur ces plages du Yucatan, un peu de culture s’impose. Les majestueuses
citadelles mayas de Chichen Itza et d’Uxmal nous stupéfient par leur beauté et leur histoire… A noter qu’a la différence de Chichen Itza qui est encore une fois assaillie par les
touristes, Uxmal, moins connue mais au moins aussi belle, est bien plus préservée de ce tourisme de masse et se situe dans un cadre de rêve avec la selva a perte de vue et ou vous rencontrerez
plus d’iguanes que de visiteurs…
A Merida, dernière étape de notre séjour dans le Yucatan, c’est une charmante ville coloniale ou il fait bon vivre ou nous flanons avec plaisir. Jose Angel, notre hôte d’Hospitality
Club, en dehors d’être l’exemple vivant de l’hospitalité mexicaine est extrêmement intéressant. Ingénieur forestier, il m’explique que la selva qui s’étend du Guatemala jusqu'à l’intérieur du
Mexique constitue la deuxième foret la plus importante dans le monde après la forêt amazonienne. Son travail qui me semble passionnant consiste a se balader dans tout le Yucatan pour travailler
en collaboration avec les communautés indignes afin de mettre en place des projets de reforestation. Le point positif, c’est que selon lui, malgré la déforestation croissante, la reforestation
est tres rapide dans cette région du monde et qu’il n’y a pas besoin de plus de 10 a 15 ans pour voir un arbre pousser ici. L’aspect que je trouve un peu plus préoccupant, c’est qu’ils ne sont
que deux dans tout le Yucatan (plus grand que la Belgique), qui, comme Jose Angel sont employés par l’Etat mexicain pour travailler dans cette optique…
Enfin, on ne peut pas passer a Merida sans commencer notre éducation en matière de gastronomie mexicaine (la vraie ! pas celle servie aux gringos de Cancun…) et c’est ainsi que dans un petit
restaurant du centre ou toute tentative de parler avec Antoine sera vaine (le bruit des rires et des pleurs, des mariachis et des divers chanteurs couvrant a peu près tout), nous gouterons
d’excellente quesadillas caseras accompagnées de l’indispensable michelada : une bière mélangée avec du jus de citron sans oublier le sel sur le rebord du verre qui lui donne
cette saveur si unique…como se dice ahi : con un poco de limon y sal !!!
Julieta Venegas : chanteuse mexicaine archi connue dans toute l'Amerique Latine
